Votre attention, s'il vous plait :

Bonjour à toutes et à tous,
Depuis hier (27 mai 2016), un petit plaisantin s'amuse à m'adresser des messages qui n'ont ni queue, ni tête.
Peut-être pense t-il que je vais m'amuser à lui répondre ?
Peut-être est-ce là une tentative "d'amorçage" ? de "piratage" ?
Qu'importe, de toute façon, je n'ai pas envie de jouer avec ce zigoto et, pour couper court à son petit jeu, je préfère supprimer le "formulaire de contact".
A l'avenir, si un visiteur souhaite me contacter, merci de passer par la page Facebook de Souvenirs de Bachy (ICI)

C'est dingue ! Il faut toujours qu'il y ait des jaloux...

Merci pour votre compréhension.


jeudi 10 septembre 2015

17, rue Roger Salengro

   Etant donné qu’il n’y a pas école le jeudi (1), je vais pouvoir vous faire visiter ma maison.

   Tout d’abord, un petit mot pour connaître la raison qui a fait que nous habitons maintenant à cette adresse. A la mort de mon grand-père, Albert Scarlakens (le père de ma mère), ma grand-mère, qui avait trouvé refuge dans la famille, ne voulait pas revenir dans sa maison, seule. Cette maison ne pouvait restée inoccupée et abandonnée. Voilà le pourquoi.

(ces deux vues actuelles, depuis Google-Maps,
         vous donnerons une meilleur idée)           


 
(Plus ancien avec cette vue satellite, des années 70)
 
(avec quelques annotations)
 
   Il y a de nombreuses dépendances, c’était, parait-il, une ancienne ferme.

   L’habitation principale est perpendiculaire à la route.

   La partie gauche représente l'arrière. Un portail en bois permet de faire entrer une ou plusieurs voitures mais en fait, mon père n'y met jamais la sienne. A gauche de ce premier portail, il y a le vieux fournil avec le puits où ma mère va chercher de l'eau. Comme vous pouvez le voir, tout est envahis de vigne vierge :

 
 

 
(autre vue du puits)

 

   Sur la partie droite, en dehors de la maison même, on a un chemin de roulement, om mon père gare sa belle Juvaquatre jaune :

 
   Ensuite il y a un petit carré de terrain. En avançant, on a, sur la droite, un bâtiment avec, à son extrémité : les toilettes ; j'aurais sans doute l'occasion d'y revenir car c'est assez pittoresque). Cette bâtisse était, à l’origine, un local pour les bêtes ; elle sert maintenant d’atelier pour mon père, l’électricien du village. En remontant ce bâtiment, se trouve une autre porte qui donne à une autre pièce, où mon père stocke une multitude d’objets, c’est un véritable capharnaüm. Ces deux pièces sont tellement emblavées (2), qu’un chat n’y retrouverait pas ses petits.
 
(Cette ancienne photo montre cette construction et, chose très intéressante,
elle a été prise à l'époque où la Chaumière existait encore.
Elle sera démolie un peu plus tard.
C'est sur ce terrain que mon oncle (Parrain Robert - Robert D-)
construira sa maison.
- voir note en bas de page, au sujet de la poussette -).

           
   Côté maison, pas grand-chose à décrire, si ce n’est une fenêtre, entre la porte d’entrée et la rue ; elle donne sur la chambre de mémé. De l’autre côté, une première fenêtre, qui donne sur le séjour et une seconde qui donne sur ma chambre ; enfin, celle de mes frères et moi car nous dormons tous dans la même pièce. Ce passage, entre les deux bâtisses, se termine à la clôture, en grillage, qui sépare notre maison de celle de Marraine Jeanne (ma tante, en fait).
 
   Après, il y a un petit terrain, un peu à l’abandon. Il n’est pas immense mais quand même. Poursuivant notre ballade, on arrive à un rétrécissement, qui nous mène au carin (3) aux bois, qu’on peut traverser de part en part car il ne s’y trouve aucune porte ; c’est un passage ouvert. Sur la droite on peut accéder chez mes cousins, par une porte.

   Dans ce réduis, que nous traversons maintenant, un stock phénoménal de bois. Pour le débiter, un petit billot, tout usé par les coups d’une happiette (4), qui y reste d’ailleurs, perpétuellement plantée ; telle l’épée attendant l’arrivée du Roi Arthur.

Voici l'outil en question.
Conservé par mon frère Thierry.
(merci à lui, pour la photo).
Voir note, en bas de page.

   Près de la sortie, se trouve une grande scie circulaire, prête à faire son affaire aux plus grosses pièces. A peu près au milieu, ce trouve une échelle qui mène à un espèce de grenier (situé au dessus du garage). Enfin, sur la longueur du passage, coure une corde à linge, qui est utilisée par mère par temps de pluies. Cette corde, du reste, causa un jour, une cuisante mésaventure à Thierry, mon second frère. Jouant à sauter du billot, il s’est retrouvé suspendu à la corde ; purement et simplement accroché sous le menton. Posture d’autant plus fâcheuse, qu’il a eu les pires misères pour se dégager. Mésaventure qui aurait très bien pu, mal se terminer. Comme quoi, nous faisions preuve d’une grande précocité en matière de jeux dangereux.

   A peu près au milieu, ce trouve une échelle qui mène à un espèce de grenier, situé au dessus de ce qui sert de garage et que nous verrons mieux depuis la cour.

   Nous empruntons ce passage, qui débouche sur la cour intérieure. On passe devant cet espèce de garage pour arriver sur le trottoir, en brique, qui longe la façade arrière.

 


   Une première petite pièce, indépendante du reste de la maison, sert de buanderie. C’est là que ma mère fait sa lessive. Elle utilise pour cela, une énorme lessiveuse en métal, posée sur un réchaud en fonte, alimenté par une bouteille de gaz. Quand l’eau savonneuse bout, on la voit sortir, comme une fontaine, d’un champignon central. C’est marrant et ça sent bon.

   Depuis cette pièce on accède également à la cave à charbon. Je n’ai pas besoin que mes parents m’interdisent d’y aller, car c’est très sale.


   Ne nous attardons pas plus. Reprenant par l’extérieur, on passe devant la fenêtre de la chambre des parents et on arrive à une seconde porte ; celle de la cuisine.
 
(cette photo à ça d'intéressante, qu'elle montre
en dehors des membres de la famille
la porte de la cuisine et l'œil de bœuf de la cave)
  
   Cette petite pièce aux murs recouverts (jusqu’à, à peu près, à un tiers de la hauteurs) d’une mosaïque faite de centaines (si ce n’est plus) de morceaux de vaisselles cassées, est la pièce où nous sommes le plus souvent.

   Sur la droite, à l’angle avec le mur d’en face (où se trouve la porte qui donne sur le séjour), la porte de la cave, petite, dont le sol est en terre battue. On y accède en descendant trois hautes marches (enfin, pour moi elles sont hautes). Ca embaume le délicieux saucisson de Paul E-. Deux petit œils de bœuf laissent passer la lumière du jour ; un situé sur le mur du fond et le second, sur le côté droit, côté jardin.

   Sortant de la cave on a, tout de suite à droite, la porte d’accès à la salle de séjour.

   Voyons la disposition de cette cuisine, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre :

   Contre le mur qui longe la porte de la salle de séjour, une table et des chaises. Que de moments nous avons passé là, à cette table. Nous y prenons tous nos repas : matin, midi et soir. Nous y prenons très souvent nos goûtés, engouffrant des tartines de vache qui rit...

(publicité parue dans le mensuel Constellation, n° 145 de mai 1960)

   ...tout en dévorant des journaux de Mickey. Nous y jouons et faisons nos devoirs, parfois à la lumière d’une lampe à pétrole, lors des pannes d’électricité. Nous sommes toujours à cette table, à de rares exceptions, notamment pour de grands repas de famille ou pour jouer à la patte à modelée. Dans ces cas là, on s’installe dans le séjour.

   Ensuite, dans l’angle du mur, un meuble « trois coins » jaune. Ce meuble en triangle reçoit, dans sa partie basse, les assiettes et autres plats. Les couverts sont rangés dans un tiroir, sous la tablette centrale.

   La partie haute reçoit les verres et autre vaisselles, que l’on peut voir au travers d’une vitre. Ensuite, il y a le bac pour laver la vaisselle et à côté, un grand feu à charbon ou ma mère fait tout aussi bien chauffer l’eau et cuire les repas : les sempiternelles (mais toujours délicieuses) frites, ratas (5) de toutes sortes de légumes, purée de pommes de terre, soupes de poireaux ou de tomates mais aussi, pour le petit déjeuner, la casserole de cacao. Le banania se prépare dans une casserole et non dans sa jatte (6).

   On arrive au mur qui donne sur la cour arrière. Celui-ci dispose d’une fenêtre d’où l’on peut admirer le jardin et, entre cette fenêtre et la porte d’où nous sommes entrés, un meuble bas sur lequel est placé un bel aquarium, avec des poissons rouges et, à côté, le transistor de mon père.


   Cette visite nous a déjà bien occupée et c’est déjà l’heure du goûter. Après il me faut faire mes devoirs car demain il y a école. J’ai beaucoup à faire. En calcul j’ai des multiplications et des divisions ; j’aime pas les divisions. J’ai aussi une analyse logique ; j’aime pas non plus les analyses logiques. Pour couronner le tout, il me faut aussi apprendre une récitation ; elle est difficile. C’est un passage de « l’expiation », de Victor Hugo ; je dois l’apprendre jusqu’à « trompettes de cuivre »… Ca va être dur, je crains…

   On peut se retrouver à la maison, samedi.
à suivre.
 
_____________
Notes :

(1) le jeudi : Oui, dans les années « 60 » nous n’allons pas à l’école le jeudi. Journée de repos qui passera au mercredi, à partir de 1972.

(2) emblaver : mot courant dans  le patois du nord, qui signifie « encombré dans un fouillis indescriptible ». La signification de ce mot, bien français, est toutefois complètement détourné de son sens véritable. Le mot emblave signifie une terre où du blé a été nouvellement semé, emblaver (de blé) est le fait d’ensemencer une terre en blé (mais également en toute autre graine) et emblavage est l’action d’emblaver. Dans notre patois, emblave n’existe pas, emblaver peut être interprété par l’action elle-même d’encombrer et peut signifier également, avec emblavage, le fait qu’un endroit ou un lieu est particulièrement encombré (exemple d’action : « Arrête d’emblaver ton bureau ». Ou : « tu ne range pas, tu ne faits qu’emblaver ta chambre ». Exemple de fait : « Ton bureau est tout emblavé » ; « T’as vu comme ta chambre est emblavée ? » Ou, différemment : « Quel emblavage t’as mis sur ton bureau ! » ; « Tu as vu ta chambre ? Quel emblavage ! ». Dans les vieilles maison du Nord, il y a souvent de l’emblavage.

(3) carin : jargon du Nord, pour désigner une petite baraque.

(4) hapiette : petite hache, appelée également, en patois du Nord (en Ch'ti) : firmin (fer-main ou fer-de-main). Très usité dans le Nord de la France, ce mot ne figure cependant pas dans le dictionnaire. Il est toutefois bien répertorié dans le Dictionnaire des outils, de Daniel Boucart, Editions Jean-Cyrille Godefroy, 2006. En voici une représentation, extraite de ce dictionnaire des outils :
 

Vous constaterez qu'il ne ressemble pas tellement à l'outil présenté dans mon article. L'explication en est fort simple. L'Hapiette est un outil des Mines (principalement du Nord de la France et du Sud de la Belgique). Fabriquée sur place, cette hachette ne répond pas à une norme particulière.
 
(5) rata : abréviation de ratatouille. Si le dictionnaire indique qu’un rata, dans le langage populaire, est un mauvais ragoût, une pitance quelconque et que ratatouille (de touiller) indique, dans un langage familier, un ragoût grossier, dans le langage du Nord de la France, cela indique une purée de légume fort délicieuse, digne de figurer sur une table du dimanche ; je vous assure.

(6) jatte : du latin gabata (plat). Récipient rond et sans rebord ; son contenu (exemple : une jatte de lait). Bref, on l’appelle aujourd’hui : un bol mais le nom de jatte reste très encore très usité aujourd’hui. Surtout dans le Nord.

Note au sujet de la poussette (4ème photo d'époque) :
Elle a été acheté le 13 août 1955, par mes parents, à l'occasion de la naissance de mon frère aîné (Dominique). Il s'agit d'un Landau-poussette grand luxe, de marque La Reine. Elle a coûté 23.427 Francs (nous sommes encore en anciens francs, à cette époque), ce qui représente 234,27 Francs Nouveaux, soit 35 euro 71 - à rétablir sur le coût de la vie à cette époque).
 

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