Votre attention, s'il vous plait :

Bonjour à toutes et à tous,
Depuis hier (27 mai 2016), un petit plaisantin s'amuse à m'adresser des messages qui n'ont ni queue, ni tête.
Peut-être pense t-il que je vais m'amuser à lui répondre ?
Peut-être est-ce là une tentative "d'amorçage" ? de "piratage" ?
Qu'importe, de toute façon, je n'ai pas envie de jouer avec ce zigoto et, pour couper court à son petit jeu, je préfère supprimer le "formulaire de contact".
A l'avenir, si un visiteur souhaite me contacter, merci de passer par la page Facebook de Souvenirs de Bachy (ICI)

C'est dingue ! Il faut toujours qu'il y ait des jaloux...

Merci pour votre compréhension.


dimanche 20 septembre 2015

Jouer dans la rue.

   Nous sommes en fin de semaine ! C'est toujours super, de pouvoir disposer de deux jours sans école. Vraiment, c'est « Youpi ! »

   Le tout est de trouver de quoi s’occuper car j’ai beau pouvoir compter sur une imagination fertile, lorsque mes frères ne veulent pas de moi, il m’arrive, de m’ennuyer… Surtout le dimanche. Parce que le dimanche, il n’est pas question d’aller chez un copain. Il en est hors de question ! Chacun doit rester chez soit ; sauf pendant les vacances. Pendant les vacances, c’est autre chose, comme si, dans ces moments là, on avait soudain le droit de « s’évader », des jours entiers, pour peu que l'on fasse des passages à la maison, au moment des repas. Pour ce qui est des occupations, en pleine année scolaire, on doit faire avec un horizon, étrangement réduit. Le dimanche, il n'existe que deux occasions pour rencontre du monde, et ça ce passe le matin :
   - L'église ! Ma mère n'est pas une grenouille de bénitier mais nous force quand même à aller à la messe car je fais le cathé et Monsieur le curé vérifie, de temps en temps, les tampons de présence aux messes. Ce qu'il ne sait pas, c'est quand un copain, enfant de cœur, est au contrôle à l'entrée, je lui demande de me mettre quelques coups de tampons sur mes cases vides. La parade est bien rodée et il me suffit de faire acte d'une présence effective, le dernier dimanche de chaque mois. Cela dit, il m'arrive d'y aller de temps en temps, au lieu de faire la messe-buissonnière ; je ne tiens pas à avoir trop mauvaise conscience.
   - Les bistrots, surtout celui de Tante-Isabelle, qui tient Le Nemrod. Celui-là, il est bourré à craquer car c'est là que mon oncle, Nananque-Emile, qui est mon parrain... Euh ?... Ne cherchez pas à comprendre, les oncles, les tantes, tout ça, nous on cherche pas à retenir qui est qui, et on utilise leur patronyme comme ça nous arrange. Bref ! C'est au Nemrod qu'on fait le P.M.U. Vous verriez ce monde, dans ce petit bistrot... C'est bondé à craquer et un chat n'y trouverait pas ses petits. Tout ça pour parier sur des chevaux qui devront courir dans l’après-midi.

(petit montage photo pour un aperçu du Nemrod.
Pour le plaisir car je ne manquerai pas d'y revenir
avec d'autres photos)
- Merci à André -


   En dehors de ces deux événements, le reste du temps, surtout les après-midis donc, le village semble s’être… endormi. Et ça ! Ca fait vraiment bizarre. Mais bon, au final, je finis toujours par trouver quelque chose à faire.

   Etant donné que tous les adultes semblent êtres allés au lits, c’est le jour idéal pour utiliser un de mes terrains de jeux préféré : la rue. Il faut bien comprendre que certains jeux comme la trottinette, les roues d’une vieille poussette, que nous utilisons comme si c’était une voiture (ce jeu plait à mes frères également), puisqu’elles sont encore reliées par leur armature métallique (ce qui fait un cadre sur lequel on peut s’asseoir), ou encore mes patins à roulettes, demandent de pouvoir disposer d’un certain espace. Surtout que ma rue est en pente. Parfois, lorsqu’un frère à la gentillesse de m’accorder ses faveurs en jouant avec moi, il enfourche le vélo de notre mère (un grand vélo jaune) et pédale aussi vite qu’il peut, pendant que je me fais tirer, accrocher au porte-bagages. Ca va tellement vite que les roulettes provoquent des chatouillements sous les pieds. Je dévale ainsi la rue à pleine vitesse, jusqu’à ce que je me lâche, tel un planeur qui se libère de l’avion qui le tracte.



(tous droits réservés)
   De tous nos ustensiles à amusements, les roues de poussette sont à utiliser avec, toutefois, certaines précautions car, bien sûr, pas de frein pour arrêter le bolide, une fois lancé ; quoique, pour être honnête, il ne va jamais bien vite. La pente de la rue n'est pas assez prononcée et le poids de l'engin ajouté à celui du passager, empêche de battre des records de vitesse. Ce véhicule improvisé reste quand même roulant mais il existe des endroits herbeux pour arrêter la machine. Ce n’est donc pas l’absence de freins qui pose problème, au pire, on utilise ses pieds. Ce qui est plus gênant, serait de voir arriver une voiture (ça, je n’y crois pas trop) mais, plus probablement… un tracteur. Dans ce cas de figure, pas le choix, il faut prendre le bas-côté, sans chercher à aller jusqu'à l'endroit préalablement choisi. Dans cette manœuvre, le tout est d'éviter de verser dans le fossé car, en dehors de la route, il n’y a qu’une très fine bande de terre-battue, puis c’est aussitôt l’herbe du fossé… remplis, par endroits, de sangsues ou de breuk (1).
 
   Un jour, allez savoir pourquoi ? Je me suis amusé à sauter par-dessus mon fossé, là où le breuk était plus profond, plus noir, plus gluant et plus puant, car en sortie d’un drain, installé pour permettre le passage d’accès au tracteur de Parrain Florent (Florent Scarlakens), un parent de ma mère (son vrai parrain, en fait), qui a une pépinière en bout du terrain de la maison. Du fait de l’écoulement des eaux, en cet endroit, le ruissellement avait provoqué une espèce de cuvette bien répugnante. Même les sangsues n’y vont pas. Eh bien moi.. J’y suis allé. Mon pied gauche a glissé sur l’herbe grasse et s’est planté dans ce liquide immonde, jusqu’à mi mollet. Sans demander mon reste, clopin-clopant car figé par la fange, je suis aussitôt rentré à la maison ; la tête bien basse.

   On a l’air de penser que les dimanches sont tristes et que les parents ne pensent qu’à profiter de leurs après-midis pour aller s’enfermer dans leur chambre. Eh bien non ! Ils ne sont pas tristes, ces dimanches, pas plus que les parents ne sont de gros dormeurs. Ma mère, qui était affairées à ses taches ménagères, toute affaire cessante m’attrapa par le bras pour me nettoyer dehors. Il faut dire que, conscient des salissures que je ne manquerai pas de laisser sur le carrelage, j’étais resté planté dans l’encadrement de la porte. 

   Tout ça ne m’a pas empêché de continuer à jouer dans la rue, ni de continuer à sauter par dessus les fossés. La petite différence, depuis cette mésaventure, tient au fait que je ne saute plus que les fossés plus étroits, ou... sans eau.

   Voici une photo ancienne de ma rue. Ma maison, on la voit en partie, sur la gauche. Le monsieur, avec sa fourche, c'est peut-être bien mon arrière grand-père, Papa-Jean, Jean-Baptiste Leclercq, le père de ma grand-mère Elvire, mémé, la mère de ma mère. Je sais pas vous ? Mais c'est toujours compliqué, de situé quelqu'un de la famille. Pour faire plus court, la femme, juste à côté de lui, ce doit être sa femme, Mémère Julie. A droite on peut voir un morceau de la ferme Thuillez. La grande maison, à droite, c'est la maison de ce parent de ma mère, Florent Scarlakens, qui est pépiniériste. La partie de toit, entre les arbres, ne peut être que la chaumière, que l'on aperçoit sur une photo et dont je vous aie parlé lors de votre visite à ma maison.

 
 
(vue récente, depuis Google-Maps 2009)
Remarquez comme les fossés ont disparus,
remplacés par des trottoirs.
Sûr qu'il n'est plus possible de s'arrêter sur le bas-côté,
tout aussi sûr, qu'on ne peut plus s'amuser
à sauter les fossés.
 
 
 
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Note :
(1) breuk : mélange peu odorant, d'eaux ménagères.

 

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