Votre attention, s'il vous plait :

Bonjour à toutes et à tous,
Depuis hier (27 mai 2016), un petit plaisantin s'amuse à m'adresser des messages qui n'ont ni queue, ni tête.
Peut-être pense t-il que je vais m'amuser à lui répondre ?
Peut-être est-ce là une tentative "d'amorçage" ? de "piratage" ?
Qu'importe, de toute façon, je n'ai pas envie de jouer avec ce zigoto et, pour couper court à son petit jeu, je préfère supprimer le "formulaire de contact".
A l'avenir, si un visiteur souhaite me contacter, merci de passer par la page Facebook de Souvenirs de Bachy (ICI)

C'est dingue ! Il faut toujours qu'il y ait des jaloux...

Merci pour votre compréhension.


lundi 28 septembre 2015

Le jour du "Zéro".

   Que je n’aime pas le lundi !
   Le lundi matin, c’est le jour de la dictée. Tous les lundi, c’est comme ça.
   C’est vraiment un très mauvais jour pour moi et, à chaque fois, je vais à l’école en broyant du noir, et en reculant, car systématiquement… J'enrichis ma collection de « Zéro ».
   Que c’est triste… Qu’est ce que ça peut me mettre le bourdon. Tout juste si je n’ai pas quelques larmes qui me tombent des yeux.
   Ah ! Pour sûr ! Je n’ai pas le moral.
   Mais, y’a pas, faut y aller…
   En attendant, je vais encore me prendre la honte.
   Bon ! Allons y.
   Le cœur gros, je me traîne jusqu’à mon école.
   Faut dire que c’est maintenant une autre paire de manches ; depuis que je suis passé chez les grands. Je suis petit, chez les grands. Ils sont impressionnant, les grands. Des durs. Quand je suis passé dans la classe des Cours Moyen et de Fin d’études (1), j’ai tout de suite été impressionné par ces grands gaillards à la blouse grise et au regard plein  d’assurance. Faut dire qu’ils ont dû en voir des choses ; en recevoir des torgnoles. C’est que chez les grands : ça ne rigole pas.
   Et moi qui commence chaque semaine avec un zéro… Mon avenir est plutôt mal assuré.
   Ah ! Que ne suis-je pas resté chez les petits ? Maintenant, je me rends compte, que j’y été bien. C’est pas vieux, et pourtant…
   Tiens ! Je n’étais pas plus haut que trois pommes, quand j’ai franchi la grande porte de ce haut lieu de tous les savoirs, c’était le 17 septembre 1962… Pauvre de moi, à peine quatre ans et me voilà à devoir passer du berceau de la maison à celui de la connaissance. Bien triste jour.
   Maintenant, je me retrouve dans la salle d’à côté. Dans celle des grandes études. Et c’est maintenant que je réalise que j’avais mangé, tout mon pain blanc.
   Et ce n’est pas rien de dire ça, car ça n’a jamais été l’amour fou, entre l’école et moi. Dès les premiers instants, j’ai compris qu’il en serait ainsi, tout au long de ma pauvre vie d’écolier, et ce, depuis ma toute première année d’élève. Ce qui m’a mis la puce à l’oreille, c’est quand le maître, qui cherchait à m’occuper, « petit-petit » que j’étais, a mis une boule de pâte à modeler jaune dans mes mains et m’a dit : « Tiens, prend cette pâte à modeler et réalise quelque chose qui te plait ». Alors, moi, bien gentiment, j’ai voulu faire plaisir au maître et, concentré au maximum de mes maigres possibilités, je me suis mis à réaliser un avion. Un magnifique avion avec deux ailes, une en haut et une en bas. J’ai passé un temps fou à le faire. Qu’est ce qu’il était beau. Si beau que je l’aurais bien emporter avec moi à la maison. Ben non ! Une fois terminé, je lève le doigt, pour signifier que j’avais terminé et là…
   J’entends le maître dire :
« C’est bien. Maintenant tu fais une boule ; je récupère la pâte à modeler ».
   Première douche froide. C’est que j’avais pas envie de réduire en bouillie mon œuvre d’art. Il a bien fallu. De cet instant, je me suis décidé à ne plus jamais perdre mon temps à fabriquer quelque chose de beau. A quoi bon, si c’est pour voir mon travail réduit à néant, une fois terminé. Non ! Très peu pour moi ; une fois mais pas deux [voir note en bas de page].
   Et c’est ainsi que l’école venait de perdre un allié potentiel. Sans même que nul ne s’en aperçoive, ni le maître, ni moi.

   Comment ça s’est passé après ?

   Et bien, voyant que je n’avais aucune disposition pour les réalisations en pâte à modeler, que cela ne m’intéressait plus, ni même n’accaparait la moindre attention de ma part, le maître me remettait des planches en bois, avec des animaux et des personnages prédécoupés, qu’il me fallait enlever de leur logement, pour les remettre ensuite à leur places respectives ; l’ensemble constituant une image. Sans ardeur particulière parce que ça me lassait vite, je remettais la vache, le cheval, le cochon, bref, toute la basse-cour, plus un ou deux petits bonhommes, et je croisais les bras, attendant la suite.
   Et ma première année a passé, ainsi, sans que je m’en aperçoive vraiment.
   A suivi l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, plus quelques notions de calculs.
   Sage et discipliné, les premières années se passent plutôt bien. A mesure que le temps passe, se dessine chez moi, quelques traits de caractère, quelques défauts aussi. En classe, je suis plutôt de nature timide ; sauf dans la cour de récréation où là, je laisse exploser mon plaisir de vivre. Je deviens aussi, quelque peu maniaque car je prends grand soin de mes affaires ; de toute façon, je ne fais qu’appliquer, ce qui est écrit en première page de la plupart des livres (de lecture surtout) :         
Au Point du Jour - Premier livre de lecture courante de récitation et de chant
Ernest Pérochon - Librairie Delagrave
1954
  Je range toujours méticuleusement mes affaires. Ca devient même un jeu lorsque le maître s’amuse à me mettre à l’épreuve. Il lui arrive de s’arrêter à ma hauteur et de me dire : « Jacky, sans regarder dans ton casier, peux-tu bien me sortir ton livre de lecture ? C’est bien, tu peux le remettre à sa place. Maintenant, toujours sans regarder, j’aimerai voir ton livre de calculs ? C’est bien ! Passons à ton livre de grammaire. Et ton livre d’Histoire ? Tu peux les remettre en place. Ton livre de géographie ? Bien ! Revenons à ton livre de lecture, tu peux me le ressortir ? »
   Ce petit jeu me plaisait bien car les tentatives pour me piéger, restaient toujours sans effet.

   De cette époque, je conserve bien précieusement mes livres de prix.
 
   Il y a d’abord eu ce 14 juillet 1963, où, parmi un public nombreux, m’a mère, qui me tenait dans ses bras, me pausa à terre, à l’appel de mon nom. Je me suis alors dirigé sur l’estrade pour y recevoir mon premier livre : Le petit aviateur.



 






















   L’année suivant, toujours en classe préparatoire, c’es Pascale et Pascalou, que je reçois le 28 juin 64. Ce beau livre raconte l’histoire d’une petite fille qui reçoit un agneau pour son anniversaire. Comme le précédent, ces livres sont remplies de très beau dessins.
























   A la rentrée de septembre 1964, je passe en classe de C. E. 1 et le 27 juin suivant, c’est Monsieur Pickwick et ses aventures qui sera l’objet de mon troisième livre de prix.


     





















   Enfin, mon année de C. E. 2, se clôturera le 26 juin 1966 avec Merlin l’Enchanteur.

       





















 
   Tout ça, c’est bien beau, mais il va falloir que je vous laisse. Une dictée m’attend, et le maître vient de nous demander de sortir nos cahiers. Certains sont déjà en train de tremper leur plume dans l’encrier, les buvard prêts à éponger les premières tâches ; il y en a même un, qui n'a pas attendu pour commencer à écrire la date. Et moi ? Occupé à bavarder, je suis un peu en retard. Souhaitez moi bonne chance quand même. Je ne suis pas exigeant, un « 1 » pourrait faire mon affaire ; on ne sait jamais.

___________
Notes :

(1) Il existait une classe intermédiaire entre le C.M.2 et la 6ème. Cette classe de « Fin d’études » était, en fait, la classe de préparation au Certificat d’Etudes.

A propos de la pâte à modeler à l’école :

Trois jours avant la mise en ligne de mon article, alors que celui-ci était rédigé, je rencontre mes deux frères et nous devisons sur nos souvenirs d’enfance. Mon second frère se met à me parler du mauvais souvenir qu'il gardait de son temps en petite classe. Il se met alors à nous raconter comment il avait mal supporté l’ordre du maître, de réduire en boule, ses réalisations en pâte à modeler. Lui qui croyait pouvoir les emporter à la maison. Sur ce, mon frère aîné, enchéri, en racontant le même fait, ajoutant qu’il n’avait pas compris lorsque le maître lui avait demandé de « faire une boule ». Il s’était alors mis à réaliser une petite boule avec un petit morceau de sa pâte à modeler. Le maître lui prit ses réalisations pour les réduire à néant dans ses grosses mains. Deux anecdotes, en tous points semblables à la mienne, alors que je ne leur avais jamais parlé de mon expérience en la matière, et qu’ils n’avaient encore pas pris connaissance de mon article. Voilà ce qui s'appelle, avoir des souvenirs en commun.

2 commentaires:

  1. Les instituteurs sont loin d'imaginer la portée de leurs gestes. Eux qui sont censés nous apprendre tout ce que l'on doit savoir, réduisent à néant notre vision de nous exprimer en rapport avec un support, ne serait ce que de la pâte à modeler. Faut pas s'étonner que l'on soit déçu dès notre plus tendre enfance.

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  2. Merci pour cette petite intervention, sur le Journal même.
    En réponse, je dirais qu'Il faut savoir relativiser.

    On pourrait dire aussi, que les frustrations font grandir.

    Cette anecdote ne doit pas prendre le dessus, sur le fait que mon enfance fut bien heureuse... Même à l'école.

    Une vie est faite de bons et de mauvais moments. Les mauvais sont là pour nous rappeler qu'il faut savoir apprécier les bons. Voilà tout. En ce sens, ce maître a peut-être bien fait de provoquer une frustration ? Il a aussi contribué à mon plaisir quand il me mettait à l'épreuve pour tester mon sens de l'ordre et de l'organisation, en me faisant sortir de mon casier, différents livres (ou cahiers), les yeux fermés. En quoi, je peux bien lui pardonner de m'avoir, un jour, fait de la peine.

    Il existe du bon, en chaque chose et, ne l'oublions pas, les enfants ont une capacité d'adaptation étonnante.


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