Votre attention, s'il vous plait :

Bonjour à toutes et à tous,
Depuis hier (27 mai 2016), un petit plaisantin s'amuse à m'adresser des messages qui n'ont ni queue, ni tête.
Peut-être pense t-il que je vais m'amuser à lui répondre ?
Peut-être est-ce là une tentative "d'amorçage" ? de "piratage" ?
Qu'importe, de toute façon, je n'ai pas envie de jouer avec ce zigoto et, pour couper court à son petit jeu, je préfère supprimer le "formulaire de contact".
A l'avenir, si un visiteur souhaite me contacter, merci de passer par la page Facebook de Souvenirs de Bachy (ICI)

C'est dingue ! Il faut toujours qu'il y ait des jaloux...

Merci pour votre compréhension.


jeudi 29 octobre 2015

Chez Thuilliez.

   Comme c'est les vacances de la Toussaint(1), et que j’ai toute une semaine pour oublier l’école, je suis tout disposé à rendre de menus services à ma mère. Il se trouve, qu’aujourd’hui, elle me charge d'aller chercher du lait et des œufs chez Thuilliez. C’est donc muni d'un pot à lait et d'un panier (celui qui sert à essorer la salade), que je me rends à la ferme. Il n’y a que la rue à traverser, puisqu'elle se situe en face de la maison.

   Avant de m’engager sous le porche, je jette un œil au-dessus du fossé, histoire de voir s’il y a des sangsues. Je suis fasciné par ces espèces de grosses limaces, munies d'une ventouse énorme à la place de la bouche. Elles doivent être très dangereuses car une fois qu'elles se sont collées sur votre peau, il est difficile de les retirer ; et elles peuvent boire tout votre sang. J'ai quand même très envie d'en attraper quelques unes. Pas aujourd'hui, car je n’ai pas trop le temps, et puis je n'ai pas de gros bocal pour les mettre. Je verrais ça, une autre fois.

   Je franchis le porche et débouche dans la cour ; elle forme un carré, encerclée par le bâtiment et ses dépendances. Faisons le tour, en commençant par la gauche. Nous avons la partie où habitent Marraine Suzanne, ma Grand-tante et Parrain Louis. Chez eux, c’est vraiment petit, très petit. En fait, il n’y a, pour ainsi dire, que la pièce principale et une chambre ; encore plus petite, semble t-il (à moins qu’il existe une autre pièce, dont j’ignore l’existence ?). L'accès à cette chambre est à gauche, en entrant. Une seule fois, j'ai vu cette porte ouverte, mais je n’ai pas pu distinguer grand-chose, si ce n’est un lit, assez haut ; c’est tout. Le mobilier est réduit au stricte minimum : une table, quelques chaises, un buffet, un feu. Il y a un vieux fauteuil aussi, qu’utilise Parrain Louis, au fond, pas loin de la fenêtre.

   Pour aller à l’habitation des fermiers, il faut passer devant chez Marraine Suzanne et continuer tout droit ; c’est en face. La porte, que l’on voit, donne accès à la maison des fermiers : Albert Thuilliez et Yvonne Cattoen. Quand on entre, il y a un petit couloir et, sur la gauche, se situe une grande pièce avec une grande table, des chaises, un feu… Bref ! Tout ce qu’on peut trouver dans ce genre de pièce principale ; là où les gens de la maison passent leur temps ; quand il sont à la maison, cela va s’en dire, car la vie de fermiers se passe à s’occuper des bêtes et des champs. Ne perdons pas trop de temps et faisons le tour du bâtiment.

   Nous longeons maintenant la partie de la ferme qui comporte diverses écuries et, tout au bout, avant de reprendre sur la droite, il y a la porcherie. En fait, toute la ferme est constituée de dépendances où sont parqués les animaux. Y’a de tout, aussi bien des vaches que des cochons, des chevaux et toute la basse-cour. Les vaches occupent l’autre partie, celle qui est parallèle au deuxième bâtiment, après avoir tourné une première fois à droite.

   Que dire de la cour ? Lieu où s’ébattent les poules, oui, mais pas seulement, les cochons aussi car il faut bien les sortir, de temps en temps. Ils ont même leur marre ; trou d’eau boueuse, que je ne risque pas d’approcher. A côté, le tas de fumier. Paille en décomposition et crottins en tout genre qui sont entassés là, après le nettoyage des boxes et litières. C’est peut-être le seul endroit qui ne sent pas très bon car pour le reste, on peut s’enivrer des bonnes odeurs des bêtes, de paille, de cuirs des harnais et colliers à bestiaux et toutes ces odeurs qui font que l’air, ici, est plus saint que partout ailleurs. Parfois, il m’arrive de venir pendant la traite des vaches. Le parfum du lait frais est quelque chose de délicieux, tout comme le lait lui-même, que je ne manque pas de goûter, en plongeant la louche dans le gros bidon où est stocké le précieux nectar.

   Pour finir notre tour, il reste un bout du bâtiment qui ferme la cour, jusqu’à l’entrée du porche. A l’angle, se trouve un pauvre chien ; un dalmatien, toujours attaché. Ce petit bout de bâtiment est attribué au garçon de ferme ; le vacher. Il y en a déjà eu plusieurs à venir travailler ici. Quand l’un s’en va, un autre arrive. Il faut toujours qu’il y ait un vacher (ou valet de ferme). Je n’ai pas de souvenirs des précédents, je ne connais que celui du moment : Alain. Comme ses prédécesseurs, c’est un enfant de l’hospice et, je suppose, tout comme les autres garçons des fermes du village, il a été placé là pour travailler, en échange du toit et du manger. Il faut dire que ce n’est que depuis peu, que l’école est obligatoire jusqu’à 16 ans. Avant seuls certains avaient la chance de pouvoir poursuivre leurs études ; pour les autres, c’est le monde du travail(2).

   Il vit dans des conditions qui ne sont pas très confortables ; il n’a pas grand-chose, le pauvre. Tout juste un lit, une chaise, une petite table. Pour ranger ses quelques affaires et ses vêtements, il dispose d’une penderie en espèce de skaï ; une sorte de toile cirée maintenue par une armature en tubes et qui se ferme par une fermeture éclaire. Il parait que c’est moderne (3) ; en tout cas, c’est pas beau, j’aime pas. Il est gentil Alain et je crois que ça lui fait plaisir de discuter un peu avec nous… De temps en temps, quand on le croise et qu’il a cinq minutes. J’ai entendu dire que le vacher qui travaillait ici, avant lui, s’est suicidé. Je ne voudrais pas être vacher, plus tard, ni fermier car c’est salissant.

   Allez ! Il est temps pour moi, d’aller chercher le lait et les œufs.
 
Le pot au lait
(le chat n'est pas d'époque)
- Merci à Thierry, pour la photo. -

Le panier avec les œufs
(les œufs non plus ; je vous rassure)

   Et voilà ! Je suis un bon petit gars, peut-être un peu "pirate"  sur les bords (clin d'œil à Guillaume).
 
 
Parfois, pas toujours, je sais aussi être sage et raisonnable.
 
   Un jour, nous irons voir le fermier travailler dans ses champs.

 
*
*   *
  
   Ah ! Au fait, pendant que j'y suis, j'ai là deux photos où l'on peut voir cette entrée de ferme. Elle sont relativement anciennes mais très intéressantes. Merci à Serge de m'avoir rappelé leur existance.
   Elle ont été prises depuis l'intérieur de la ferme. Donc, derrière la porte, se trouve la rue Roger Salengro.
 
  Sur la première, il y a de forte chance pour que ce soit notre Parrain Louis (Louis Stien). Je dis ça, par rapport à la seconde.
  L'ouverture sur la gauche (que j'avais oublié), donne accès à une salle où étaient entreposés les chicons (endives). 
 
 
   Et, sur cette seconde photo, on peut voir la femme de Louis Stien (Marie Leclercq, que tout le monde connait sous le nom de Marraine Marie). A son côté... Marraine Suzanne (Suzanne Leclercq), jeune fille.

 
   Par contre, ne me demandez pas le nom du cheval.
 

__________

(1) – Vacances de la Toussaint, Académie de Lille (groupe A), pour l’année scolaire 67/68 : du samedi 28 octobre au vendredi 3 novembre 1967.
(2) La scolarité est obligatoire :
- jusqu’à l’âge de 13, depuis 1882 (Loi Ferry),
- jusqu'à 14 ans en 1936,
- jusqu'à 16 ans en 1967.
(3) Skaï : Le skaï est une marque déposée dans les années 60.

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