Votre attention, s'il vous plait :

Bonjour à toutes et à tous,
Depuis hier (27 mai 2016), un petit plaisantin s'amuse à m'adresser des messages qui n'ont ni queue, ni tête.
Peut-être pense t-il que je vais m'amuser à lui répondre ?
Peut-être est-ce là une tentative "d'amorçage" ? de "piratage" ?
Qu'importe, de toute façon, je n'ai pas envie de jouer avec ce zigoto et, pour couper court à son petit jeu, je préfère supprimer le "formulaire de contact".
A l'avenir, si un visiteur souhaite me contacter, merci de passer par la page Facebook de Souvenirs de Bachy (ICI)

C'est dingue ! Il faut toujours qu'il y ait des jaloux...

Merci pour votre compréhension.


mardi 29 décembre 2015

La grande plaine blanche.

   C’est un hiver comme je les aime ; un hiver blanc. Tout, absolument tout, est recouvert de neige. Un blanc manteau s’est posé sur le monde. Je n’arrive pas à détacher mes yeux, de le fenêtre. Et, pendant que mon corps se nourrit de tartines, mon esprit vagabonde déjà, dans les montagnes enneigées de Belle et Sébastien. Aujourd’hui, je serai Sébastien, et Jita sera Belle.


   Hors de question de traînailler ; plus vite je serai prêt, plus vite je serai dehors. Le brin de toilette est tout aussi vite expédié. Deux, trois allers-retours du gant sur la figure et je cours m’habiller. Rattrapé au vol par une mère qui attache de l’importance au coup de peigne dans les cheveux. Je piétine d’impatience. De retour dans la chambre, je me déleste de mon pyjama, que je fourre aussitôt sous mon oreiller. La pièce, un peu frisquette, n’incite pas à paresser dévêtu. J’attrape mes vêtements, qui sont empilés sur le montant du pied de lit, et m’habille en grande hâte.

   Je retrouve mes frères, à la porte de la maison. Ma mère m’affuble de moufles et d’une cagoule, que je trouve hideuse. Je ne rouspète pas. Docile, je laisse faire, et acquiesce même, les recommandations maternelles. Je sais qu’à peine dehors, cet artifice vestimentaire trouvera une place, bien plus convenable, au fond de ma poche.

   Et c’est la sortie. Comme le soldat de Napoléon, dans sa retraite de Moscou, je vais fouler la grande plaine blanche. C’est aussitôt le bruit étouffé de la neige, qui crisse en se tassant sous mon poids. Puis, progressant « avec peine », je m’émerveille à la vue de cette métamorphose de la nature. Le village lui-même, semble figé. C’est le grand silence. Quelques bruits de vies, d’animaux en souffrance, semblent étouffés, absorbés par ce coton omniprésent. Le sol lui-même a changé sa physionomie. Fini les couleurs, tout semble être en noir et blanc. Terminé les délimitations, les aspérités, les arrêtes, tout est uniformisé, arrondi, ondulé. Certes, mon imagination accentue le phénomène, mais quand même, toute cette neige qui s’est déposée sur les branches d’arbres dénudés, qui s’est incrustée dans les halliers, qui a comblé les fossés, elle est là, et bien là !
 
   Alors, dans un geste de plénitude, j’écarte grand les bras, fais un tour sur moi-même, lève la tête au ciel puis, comme enivré par tant de merveille, je me laisse tomber, complètement groggy.

   Si je reste ainsi, je risque de prendre froid. Je me relève donc, et entreprend de me construire un igloo. Après avoir choisi l’emplacement qui me parait être le plus judicieux, le long du chemin qui mène au potager, je trace un cercle et tasse la neige, dans ce qui sera l’intérieur. Une fois terminé, je m’éloigne de l’endroit, pour aller quérir la neige nécessaire à la construction. Après avoir confectionné une provision de grosses boules, je les amène à mon chantier et entreprend de monter les murs. J’ai beau rétrécir mes rangées, j’ai du mal à réaliser l’arrondi ; ça ne tient pas. De plus, je n’arrive pas à fermer le dessus de l’ouverture d’accès. Me vient l’idée de m’aider de fines planches de cagettes, que je sais trouver dans le carin aux bois. Avec quelques bâtons supplémentaires, me voilà fin prêt pour finir ma construction.

   Ca ne lui donne pas trop l’allure d’un igloo, mais le voila fermé. L’entrée est si petite, l’espace si restreint, que j’ai l’impression d’être une taupe sous terre.

   Tout ça ne m’empêche pas de trouver là, une occasion de jouer un peu à l’esquimau. Histoire de chauffer mon habitat, je vais chercher une bougie que je ponctionne dans le stock qui est rangé dans la buanderie, en même temps qu’une boite d’allumettes. De retour dans ma grotte neigeuse, je m’installe du mieux qu’il m’est possible et contemple ma chandelle qui se consume. J’ignore comment ça se passe dans le Grand Nord, toujours est-il, qu’ici, ma maison se fragilise et s’affaisse. Au bout d’un moment, j’ai même la désagréable impression d’être écrasé par le toit. Cette impression finit par devenir une réalité lorsqu’au détour d’un mouvement, la flamme s’en prend à mes cheveux. Par chance, j’avais remis mes moufles, ce qui fait que l’incendie a pu être éteint dans la seconde. J’éteins du même coup, la bougie. Il est plus que temps d’évacuer les lieux.

   Ouf ! Me voilà « presque » tiré d’affaire ; ma mère va-t-elle voir que je me suis brûlé quelques mèches ? C’est ma foi vrai que de l’extérieur, ma construction ressemble plus à une taupinière qu’à un igloo. Je retire les morceaux de bois, que constitue la charpente de la toiture et les mets en tas, sur le côté. Je peux maintenant m’en prendre à ce maudit tas de neige qui a failli me couter la vie (brûlé et étouffé) et lui assène force coups de pieds.

   Calmé, je redeviens sioux : il me faut maintenant m’armer d’une glace(1), d’une paire de ciseau et d’un peigne pour arranger un peu ma chevelure. Habitué à de tels retours dans la maison, cette perspective ne n’inquiète pas outre mesure, surtout que mon approche sera facilité par ma cagoule, que je sors de ma poche et qui, pour une fois, me sera bien utile.

   Cette hiver, la neige ne fut pas abondante au point de pouvoir construire de vrais igloos mais… on n'en était pas loin.
 
 

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1 – Glace : ainsi appelé le miroir.

 

 

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