Votre attention, s'il vous plait :

Bonjour à toutes et à tous,
Depuis hier (27 mai 2016), un petit plaisantin s'amuse à m'adresser des messages qui n'ont ni queue, ni tête.
Peut-être pense t-il que je vais m'amuser à lui répondre ?
Peut-être est-ce là une tentative "d'amorçage" ? de "piratage" ?
Qu'importe, de toute façon, je n'ai pas envie de jouer avec ce zigoto et, pour couper court à son petit jeu, je préfère supprimer le "formulaire de contact".
A l'avenir, si un visiteur souhaite me contacter, merci de passer par la page Facebook de Souvenirs de Bachy (ICI)

C'est dingue ! Il faut toujours qu'il y ait des jaloux...

Merci pour votre compréhension.


dimanche 17 janvier 2016

Quand la santé va, tout va !

   - « Eh ! Mais ? Regardez moi, qui vient là !? »
 
   - « Salut ! »
 
   - « Et alors ? Où t’étais passé ? »
 
   Et un autre de rajouter (appuyé par un sourire angélique).
 
   - « On te croyait mort ? »
 
   Moi ? Mort ? Et puis quoi encore ? Pourquoi pas dans la tombe, aussi !
 
   - « Mais non ! Qu’est-ce que vous allez chercher là ? Vous savez bien que j’ai été malade ; le maître l’a bien dit à la classe, non ? »
 
   - « Mais oui, on sait bien. Mais quand même… Tu nous as manqué. »
 
   Et c’est sur ces mots, que la bande de joyeux petits lurons, se retrouve à discuter, sous le préau.
 
   - « J’ai été vraiment très malade. J’étais si mal, et j’ai eu une fièvre si forte… A un moment donné, j’ai eu l’étrange sensation de m’élever et de monter jusqu’à ce que je me retrouve arrêté par le plafond. Rigolez pas ! J’étais vraiment mal. Je devais délirer, comme c’est pas possible ».
 
   - « Houai ! Je sais ce que c’est que d’être malade ; j’ai déjà eu ma dose. »
 
   Et notre troisième Mousquetaire, d’enchérir.
 
   - « Moi aussi ! Et même que la chose que j’aime le moins, c’est de vomir. Pouah ! C’est l’horreur ».
 
   Oui ! Bon ! C’est quand même moi le héros ; celui qui revient d’entre les morts.
 
   - « Personne n’aime être malade, mais y’a malade et malade. Là ! J’ai quand même bien cru ma dernière heure arrivée. Et ce n’est pas la première fois, d’être mis à mal, comme ça, par la maladie. Ma mère m’a raconté, que quand j’étais petit, enfin, plus petit encore que maintenant, quand j’étais très petit, que je savais à peine marcher, et que j’avais de la fièvre comme j’en ai eu ces derniers temps, elle devait me jeter dehors. Et peut importe le temps : qu’il fasse beau, qu’il pleuve à verse, qu’il vente, qu’il neige ou qu’il gèle à pierre fendre, elle devait me mettre dehors. C’est le docteur Alsberghe qui lui avait dit de faire ça ; il en allait de ma vie. Elle m’a toujours dit, ma mère, que quand je n’étais encore qu’un bébé, j’ai failli mourir ».
 
   - « Houai ! Mais heureusement, t’es encore là ! »
 
   - « Enfin ! Y’a aussi des bons côtés. Une fois qu’t’as bien vomis, ou que ta  fièvre est tombée, tu peux rester au lit, à lire tes Mickey ou un Tintin. Rester bien au chaud, pendant que tes copains vont à l’école, ça c’est bien ».
 
   - « Si tu veux, mais il y a quand même les leçons à apprendre et les devoirs à faire ou à rattraper ».
 
   - « En attendant, le moment que je savoure le plus, c’est quand j’entends ma mère, réveiller mes frères et leurs dires qu’il est l’heure de se lever pour aller à l’école, et que moi, elle me laisse au lit ».
 
   - « T’as d’la chance, parce que moi, j’ai ni frère, ni sœur, alors je n’peux même pas goûter ce plaisir ».

   - « Tu dois bien avoir d’autres compensassions ? Tiens, un autre truc qui est bien, mais pour çà, il me faut avoir mal au ventre. C’est quand ma mère me donne une cuillère à café de charbon(1). Dommage qu’on ne peut en avoir qu’une, car c’est vraiment délicieux. Ca a un bon goût de vanille. Par contre, si y’a bien un truc que je n’aime pas, ce sont les piqûres. Heureusement, ça n’arrive que très rarement, d’être malade au point de recevoir des piqûres. Un jour, j’ai vu Yvonne préparer une piqûre, qu’elle devait faire à mon père. Elle avait tout mis dans une casserole d’eau, seringue et aiguille, pour tout  stériliser. T’aurais vu la grosseur de l’aiguille !… ».
 
Formocarbine
   Nous n’en saurons pas plus sur le processus de préparation car, comme à chaque fois qu’une discussion s’emballe, le sifflet du maître d’école est là pour y mettre un terme.
 

 
   Pendant la récréation, notre maître laisse son sifflet dans sa poche, préférant fumer sa pipe. A observer son rituel, il nous est facile de déterminer la fin de notre moment de détente. Quand on voit notre bon directeur (car notre instituteur est aussi notre directeur) ; je disais, quand on voit notre bon directeur, taper sa pipe sur le talon de sa chaussure, on se dit qu’il ne nous reste guère de temps avant de retrouver notre salle de classe. Le moment où les observations se font plus insistantes, intervient quand il sort son sifflet de sa poche. Soit il le porte directement à la bouche, pour nous signifier que tout est finit, soit il s’amuse à le faire tourner, enroulant et déroulant le cordon, autour de son doigt. Ce petit jeu peut durer un moment. Cet amusement prolonge pour nous, notre temps de récréation, raccourcissant, du même coup, notre temps en classe. Enfin… C’est ce que nous aimons à croire.
 
   Les meilleurs moments ont toujours une fin, nous le savons bien. Quand le son du sifflet se fait entendre, c’est la course pour se mettre en rang, s’aligner, tendre son bras, poser sa main sur l’épaule de son camarade d’en face… et attendre, qu’il nous dise d’entrer.
 
   Mais, pour en revenir à notre discussion si promptement interrompue, par ce coup de sifflet, que je qualifierai d’intempestif, je dirai qu’il n’arrive pas forcément mal à propos. Pour moi, cela va s’en dire. Pourquoi ? Parce que, tout bonnement, la discussion était en train de s’orienter sur un sujet que je n’aime pas aborder : les piqûres. Et si je l’écarte avec autant d’empressement, ce sujet, c’est pour éviter de rappeler à mes petits amis, que l’idée même de me faire percer, me met dans tous mes états, et qu’une séance de vaccination, se solde par un évanouissement assuré. Quand arrive une date de vaccination, mon être tout entier, se met à pleurer. Mon aversion pour les piqûres est à ce point connue, que j’ai droit à un régime de faveur : je passe quand j’arrive, peut importe s’il y a du monde ou non. Bien sûr, il y a une contrepartie à cette priorité absolue, en échange il me faut endurer le fait d’être considéré comme un petit être « fragile » et « hyper-sensible ».
 
   M’en fiche ! De temps en temps, il faut savoir mettre sa fierté dans sa poche. Je préfère ça au fait de devoir respirer cette odeur d’éther, dans cette salle de la mairie qui sert de bibliothèque, et de sentir qu’on me perce la peau ; sans parler du produit que je sens entrer en moi. Ce qui se passe après, je ne pourrais le décrire… Je ne l’ai jamais vécu… Je me suis toujours réveillé, quand tout était finit.
 
- « Jacky ! Vas au tableau, que je voie si tu as mis à profit ton repos, pour réviser tes tables de multiplications. »
 
   Zut ! Y faut qu’ça tombe sur moi ! … Pourvu qu’il n’y ait pas de 9… Pourvu qu’il n’y ait pas de 9…

- « Ah ! Au fait. Avant qu'on ne commence. Bonne année… et bonne santé, à tous ».
 
 
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1 – Formocarbine : médicament sous forme de granulés de charbon.

 

 

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