Votre attention, s'il vous plait :

Bonjour à toutes et à tous,
Depuis hier (27 mai 2016), un petit plaisantin s'amuse à m'adresser des messages qui n'ont ni queue, ni tête.
Peut-être pense t-il que je vais m'amuser à lui répondre ?
Peut-être est-ce là une tentative "d'amorçage" ? de "piratage" ?
Qu'importe, de toute façon, je n'ai pas envie de jouer avec ce zigoto et, pour couper court à son petit jeu, je préfère supprimer le "formulaire de contact".
A l'avenir, si un visiteur souhaite me contacter, merci de passer par la page Facebook de Souvenirs de Bachy (ICI)

C'est dingue ! Il faut toujours qu'il y ait des jaloux...

Merci pour votre compréhension.


dimanche 14 février 2016

Au Nemrod.

   Aujourd’hui, on est dimanche, et il pleut. Habituellement, jour d’enfermement, où la priorité est de traquer et chasser le temps, afin de le tuer. Vu ma dernière expérience en la matière, je suis décidé à ne pas me laisser aller à la morosité, ni à tourner en rond… surtout pour des prunes. D’entrée de jeu, je me fixe sur des choses qui ne peuvent que m’apporter des agréments.
 
   Ces bonnes résolutions m’emplissent d’ardeur et de gaieté de cœur, ce qui a pour effet de me faire me lever assez tôt, pour un dimanche. Il pleut, de surcroît... on est dimanche, et pourtant... je suis tout guilleret. Plein d’idées et de bonne volonté, je sollicite la permission d’accompagner mon père, qui va faire son tiercé chez Tante Isabelle (la sœur aînée de ma mère). Mes frères préfèrent rester à la maison.
 
   Mes parents sont d’accord et voient là une occasion de me faire sortir, et de prendre l'air.
 
   C’est ainsi que je me retrouve assis à coté de mon père, sur le siège avant de la Juvaquatre. La pluie frappe les vitres de la voiture. Les essuie-glaces peinent à améliorer la visibilité en frottant le pare-brise, à chacun de leur passage. Ce va-et-vient me berce. Je suis hypnotisé, autant par la vue, que par le bruit des balais, dans leur mouvement.
 
   Je suis bien… et je savoure.
 
(petit complément sur la Juvaquatre.
Merci au réalisateur de cette vidéo).

   Nous remontons ainsi, la rue Roger Salengro. Arrivé à hauteur de chez Louise Madou,

- Admirez cette magnifique, et rare vue aérienne -
Un très grand merci à Guillaume, pour ce magnifique document.


   ...mon père tourne à gauche et roule jusqu’à mon école. Là ! Il n’a d’autre choix, il suit la route qui fait un virage à droite ; la petite route, sur la gauche, aboutit à un espèce de chemin, qui va jusqu’à la vierge Bleue. Après avoir passé la Coopérative, il prend à gauche, jusqu’à la Nationale. Au carrefour, il ne lui reste plus qu’à tourner à gauche, faire encore quelques dizaines de mètres, et le bistrot Le Nemrod est là :
 

 (photographie ancienne :
rue pavée et le café qui n'a pas encore d'étage)

(Le Nemrod, dans les années 60)

   Mais ?… Au fait ?… Comment font les adultes, qui conduisent une auto, pour se souvenir de toutes ces routes ? Savoir lesquelles emprunter, pour se rendre d’un point à un autre ? Ici, ça va, il n’y a pas trop de chemin à parcourir, entre la maison et le bistrot de ma tante. Mais, lorsqu’il faut aller à Cysoing… ou pire encore : à Lille !?
 
   Pour se rappeler toutes les routes, qui existent entre la maison et le bâtiment où se situe l’appartement de Marraine Jeanne d’Hellemmes… à Hellemmes, il faut une mémoire prodigieuse. Je doute de parvenir à une telle prouesse, lorsque je serais grand et en âge de conduire ? J’appréhende un peu.
  
   Mais, encore tout absorbé par mes pensées, le moteur s’arrête ; nous voilà arrivé. Mon père pousse la lourde porte, se frotte les pieds sur la wassingue, posé là en guise de paillasson, et entre. Je le suis, immédiatement derrière et, comme lui, je me frotte les pieds, tout en me secouant, et sautillant.
 
   C’est aussitôt le brouhaha et la folle effervescence d’une foule, constituée majoritairement, que dis-je ! quasi exclusivement : d’hommes. En ce jour du Seigneur, et à cette heure avancée de la matinée, les femmes sont aux fourneaux, à préparer le repas.
 
   Tout le monde se salue, les discussions vont bon train, ça parle de tous les côtés. Ma petite taille m’oblige à garder la tête levée, pour dire bonjour à mesure que je m'avance, au travers de tout ces gens du village. J’ai du mal à reconnaître tout le monde, mais tous savent qui je suis… Le p’tit Daniel. Quelques groupes sont constitués autour des petites tables, et discutent ferme, les pronostiques des turfistes. Les journaux sont tous ouvert à la page des courses. Nananque Emile, ou P'ain-Mil (mon parrain), installé à la table située à côté de la porte qui donne à la cuisine, est occupé à encaisser les paris. C’est lui qui gère pour les habitants du village et des environs, ensuite de quoi il ira, lui-même, porter tous ces paris au P.Mu. Il ne faut pas trop le déranger car son travail est de toute première importance. Cela ne l’empêche pas de m’embrasser au passage. Derrière le comptoir c’est Jules-Pierre, le mari de Marie-France, qui sert les clients. Il aide ma tante qui est très occupée également. Elle jongle entre la cuisine et le bistrot. Sans parler du fait qu’elle doit garder un œil sur ma petite cousine et mon petit cousin ; ils sont encore très petits. Hervé a environ, le même âge que moi… c’est un grand. Je ne le vois pas ? Il doit jouer quelque part. D’un côté, je dirais qu’il a de la chance, parce qu’il y a la télé chez lui. D’un autre côté, ce n’est peut-être pas une si grande aubaine, d’avoir la télé en permanence ; on est tenté de la regarder tous les soirs. Comme c’est un mordu de Mannix, il n’en loupe pas un épisode. Ce qui fait que, le lendemain, à l’école, il a un peu de mal à rester attentif, et ça ! Monsieur V-, le voit de suite.
 
   L’atmosphère est joyeuse, ma tante m’embrasse et me donne une pièce, pour que je mette des disques dans le Juke-box. Quelle chance j’ai ! J’abandonne mon père, ma mère, mes frères z’et mes sœurs ! Oh ! Oh ! C’est un vrai bonheur. Si je trouve cette chanson de Cloclo, je l’a mets(1). A moins que je ne mette ma préférée « Mais quand le matin(2) », si le disque y est ? Et puis, si je trouves « Je me suis souvent demandé(3) », je la mettrais aussi, parce qu’on la chante à l’école. A moins que je ne mette un des préférés de ma tante ? Maria Elena… si je trouve ? Je n’ai que l’embarras du choix. Waow !  Cette mécanique ! C’est génial. Ca y est, c’est parti !

 
   Je retourne au bar, mais me préserve d’une bousculade en me plaçant entre le passage d’accès à l’arrière du comptoir et la porte qui mène à la cave, où sont entassés les casiers de bouteilles et les fûts de bières. Jules-Pierre me demande si je veux une Jupi ?
 

   - « Une limonade, s’il te plait »
 
   Et ça parle, et ça fume, ça rit, ça se tape dans le dos. Les verre se choquent, en veux tu, en voilà. Quelle étrange sensation de se sentir dans l’antre des adultes. J’ai l’impression d’être un petit homme, alors, pour faire bien, j’accepte de cogner mon verre avec ceux qui me tendent leur demi.
 
   Et le temps passe, ainsi, fort à mon aise, dans cette convivialité à l’état pur.
 
   - « Si on allait retrouver maman, et tes frères ? »
   - « D’accord ! »
 
   On embrasse tout le monde, et nous voilà reparti.
 
   - « J’espère que tu vas gagner. »
   - « Oui ! Je l’espère aussi. »
 
   Il faut dire que mon père, quand il joue au tiercé, il ne fait pas semblant. Il passe la nuit à étudier les chevaux. Il fait ça bien et il lui arrive de toucher ; dans le désordre souvent, et jamais de grosses sommes, mais il gagne quand même. Parfois, sa réputation aidant, il fait des « boules », avec Jules-Pierre souvent.
 
   Moi, je n’y comprend rien, mais ça me fait plaisir de voir mes parents se divertir de la sorte.
 
   Comme à chaque fois, le repas, à la maison, est délicieux et, comme à chaque fois, on passe le reste de la journée à s’occuper en de menues tâches. Je vais passer un petit moment, dans le carin aux bois, à regarder et écouter la pluie tomber et puis je rentrerais. Ma mère, pour nous faire plaisir, accepte que l’on s’installe avec nos pates à modeler, sur la table de la salle de séjour. C’est chouette car on va pouvoir s’amuser pendant des jours et des jours.
 
__________
1 – Si j’avais un marteau, Claude François, sortie en 1963.
2 – Mais quand le matin, Claude François, sortie en 1967.
3 – Je me suis souvent demandé, Richard Anthony, sortie en 1965.












4 commentaires:

  1. Et oui, le jukebox qui se trouvait sur le mur de gauche en entrant... Au début des années 1960, la distribution des prix avait lieu dans la cour du bâtiment voisin qui abritait la poste et la mairie. Après la "cérémonie", une grande partie des habitants se retrouvait au café Marquette, dont la porte ouverte laissait "sortir" les tubes yéyés. Presque en face, il y avait le café Fichelle qui avait une petite pièce réservée à l'épicerie où on pouvait acheter des bonbons et des chewing-gum pour compléter la fête.

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    1. Bonjour André,

      Tu remontes un peu trop loin pour moi, en 60 je n'avais que deux ans.

      Si mes souvenirs sont bons, le bureau de poste a ensuite été déplacé. De mémoire, il s'est trouvé à côté de la mairie. Attenant au bâtiment, mais plus sur la droite (en regardant la façade).

      Quant à l'agencement du bistrot de ma tante, qui faisait aussi tabac (à ces bonnes odeurs de tabac, au fond du comptoir...), j'ai connu le jukebox au fond de la salle ; à droite de la porte qui donnait à la petite cour avec, au font de celle-ci, les toilettes. Il y a eu, également, au fond à droite, un, puis deux flippers.

      Merci pour ton commentaire ; ça fait plaisir de te revoir.

      Cordialement.
      Jacky

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    2. Il se pourrait bien que le jukebox fut au fond à gauche et non pas sur le côté. Quant au bureau de poste je l'ai toujours connu là (à droite sur la photo du café, la porte cintré entourée de pierres blanches), au centre. Au c'était l'entrée de la Mairie(grand porche), d'où mon texte "bâtiment voisin qui abritait la poste et la mairie". Bref, de petits détails... l'essentiel est de revivre ce passé comme la bière "Semeuse" brassée à Hellemmes. A+

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    3. Des petits détails, certes, mais ne dit-on pas "C'est de la discussion, que jaillit la lumière" ?

      Tout ça m'aide car ce petit "journal" n'est pas seulement une narration de faits, je m'efforce, du mieux possible, de restituer deux choses essentielles :
      - l'esprit (naïf) et la vision, d'un enfant de 10 ans (que je ne suis plus depuis longtemps),
      - l'atmosphère du Bachy des années 60.

      Eh ! C'est que ce n'est pas si simple.

      Honnêtement, j'éprouve un certain plaisir, même si, parfois, je m'arrache les cheveux.

      Au plaisir.

      Jacky

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