Votre attention, s'il vous plait :

Bonjour à toutes et à tous,
Depuis hier (27 mai 2016), un petit plaisantin s'amuse à m'adresser des messages qui n'ont ni queue, ni tête.
Peut-être pense t-il que je vais m'amuser à lui répondre ?
Peut-être est-ce là une tentative "d'amorçage" ? de "piratage" ?
Qu'importe, de toute façon, je n'ai pas envie de jouer avec ce zigoto et, pour couper court à son petit jeu, je préfère supprimer le "formulaire de contact".
A l'avenir, si un visiteur souhaite me contacter, merci de passer par la page Facebook de Souvenirs de Bachy (ICI)

C'est dingue ! Il faut toujours qu'il y ait des jaloux...

Merci pour votre compréhension.


jeudi 3 mars 2016

Une visite.



   A chaque fois que je franchis la porte de la salle de classe, j’éprouve une étrange sensation : je sens mon cœur se serrer. Au moindre faux pas, je risque quelques coups de règle, sur le bout des doigts ou sur le plat de la main ; je ne le sais que trop bien. Cependant, malgré mon peu de disposition pour les études, certains cours me plaisent, au point de rendre supportable les matières où je ne brille pas. 

   De part et d’autre de la porte, contre le mur, se trouvent des armoires dans lesquelles sont rangées les livres et matériels scolaires. Sur le montant de l’armoire de droite, en entrant, est punaisé une petite affiche de mise en garde, contre les dangers d’une guerre pas si lointaine. On y voit différentes sortes de grenades qui peuvent encore être trouvées, que ce soit dans la plaine ou dans des maisons.

   Chaque matin que Dieu fasse, hormis le jeudi et le dimanche, on entre dans cette salle de classe, dans le calme ; rares sont ceux qui s’aventurent à bavarder. En silence, comme pour ne pas réveiller trop vite les lieux, après une nuit de sommeil, chacun retrouve sa place. Cette entrée en classe est un cérémonial solennel ; tout se fait dans le plus grand silence (si l’on fait abstraction des exceptions qui ne sont là que pour confirmer la règle). Après les élèves, entre le maître. Systématiquement, c’est plus fort que moi, je l’observe alors qu’il marche entre deux rangées de tables, pour se rendre au devant de la classe.

   Ce que je déplore à l’école, se sont les périodes d’interrogations et de mises à l’épreuve. Que ce soit par écrit dans mon cahier de compositions, sur mon ardoise…
 
Photo – Robert Doisneau
(tous droits réservés)

   …ou au tableau, où là il me faut, en plus, affronter le regard de mes petits camarades. Bien que ceux-ci ne soient pas méchant du tout. Au contraire, quand quelqu’un flanche, c’est à celui qui tente de l’aider en soufflant. Mais, malgré cette solidarité, ça reste une épreuve. En dehors de ça, je prends un réel plaisir à écouter notre maître ; Il n’a pas son pareil pour nous expliquer l’Histoire de France. Il faut dire qu’il est aidé en cela par de grandes images murales. Le cours qui m’a le plus impressionné, c’est celui sur Charlemagne, vous savez, ce fou qui a eu cette idée folle, d’un jour d’inventer l’école ? L’image de Roland, soufflant dans son olifant…
Image d’école Rossignol - Roland de Roncevaux
(tous droits réservés)

   Je ne sais pas si j’arriverais à me souvenir longtemps, que cette arrière-garde de Charlemagne, commandée par son neveu Roland, fut décimée par les Vascons, au col de Roncevaux, dans les Pyrénées, alors qu’elle faisait retour d’Espagne, le 15 août 778 ? Mais ce dont je suis sûr de me souvenir, c’est que ce valeureux guerrier, sentant sa dernière heure arrivée, se saisie de son olifant pour avertir Charlemagne en personne. Dans le même temps, pour éviter que son épée, Durandal, ne tombe aux mains de l’ennemi, en frappa la montagne pour la briser. Ce qui eu pour effet de provoquer une brèche, appelée « brèche de Roland » ; cette brèche qui domine le cirque de Gavarnie. De même que je ne puis oublier non plus, la légende qui veut qu’il ait lancé son épée, avec toujours pour intention de la briser, et que celle-ci se serait plantée dans une roche à Rocamadour.

   C’est à l’issue de ce cours, que je me suis fabriqué ma grande épée en bois, que j’ai bien sûr appelé : Durandal. C’est une grande épée à deux mains, comme seuls les chevaliers ont.

   Des cartes, il en existe pratiquement pour toutes les matières, mais c'est en géographies qu'elles sont les plus utilisées.


   Pour les cours de science naturelle, notre maître tient à sa disposition, toutes sortes de choses : des mues de serpents, des nids, des animaux conservés dans du formol…
 
 
   Mais, plus captivant encore, il y a les cours de science, lorsqu’il nous fait des démonstrations et des expériences.


   En cette période de l’année où il fait bien froid, un gros feu chauffe la salle de classe. Une conduite monte au plafond et court au dessus de nos têtes. Ce système, s’il contribue au réchauffement de la pièce, a le désavantage, lorsqu’il fuit, de tacher bancs et pupitres. Ca arrive rarement, et on en prend vite l’habitude ; de plus, je trouve que ça sent très bon.

   Pour les leçons de calcul, on utilise des artifices, tel que des bûchettes.


   Il y a aussi toute une batterie d’ustensiles de mesures avec des poids et des récipients.


 

   Comme il existe aussi, diverses matériels de grands formats, conçu spécialement pour le tableau.



 

   Tiens ?! Voilà qu’on frappe à la porte ? Alors que notre maître s’en va ouvrir, nous nous levons tous, d’un bloc.

   Nous avons la visite de l’inspecteur !

   Nous sommes comme figé par l’importance de l’événement. L’homme se décoiffe et s’en va prendre la place de notre maître. Il nous adresse la parole mais je ne retiens rien de ce qu’il peut bien nous dire… J’aimerai ne pas être là. Il prie notre bon professeur de poursuivre son cours, qu’il écoute avec la même assiduité que chacun d’entre nous ; comme s’il avait besoin de parfaire ses connaissances. Ensuite de quoi, il demande à voir quelques cahiers, qu’il compulse pendant que nous faisons la lecture, avant que n’arrive la délivrance de la récréation. Cette parenthèse, dans la matinée, nous permet de souffler un peu.

   Le cœur n’y est pas. Le directeur lui-même s’abstient de sortir sa pipe de sa poche.

   De retour en classe, nous avons encore à subir une leçon de calculs où là, l’important monsieur se met à nous interroger. Moment difficile et grave pour beaucoup d’entre nous ; la preuve en est, certains y perdent leur langue.

   L’épreuve prend fin. Epreuve pour nous mais, peut-être aussi, pour notre maître ? Toujours est-il que tous, savourons la délivrance de cette fin de matinée.

   Alors que nous nous levons, non sans un réel soulagement, et le regardons se saisir de son chapeau pendant qu’il nous dit au revoir. Permission nous est ensuite donné, de sortir.

   Devant la grande porte qui donne sur la route, nous sommes encore à parler entre nous lorsque nous voyons sortir l’inspecteur, raccompagné par notre maître. Tout en s’échangeant des politesses, je le vois sortir sa pipe. Quelque chose me dit que l’après-midi devrait être plus détendu avec, qui sait, peut-être une leçon d’Histoire dont il a le secret.
 
 

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