Votre attention, s'il vous plait :

Bonjour à toutes et à tous,
Depuis hier (27 mai 2016), un petit plaisantin s'amuse à m'adresser des messages qui n'ont ni queue, ni tête.
Peut-être pense t-il que je vais m'amuser à lui répondre ?
Peut-être est-ce là une tentative "d'amorçage" ? de "piratage" ?
Qu'importe, de toute façon, je n'ai pas envie de jouer avec ce zigoto et, pour couper court à son petit jeu, je préfère supprimer le "formulaire de contact".
A l'avenir, si un visiteur souhaite me contacter, merci de passer par la page Facebook de Souvenirs de Bachy (ICI)

C'est dingue ! Il faut toujours qu'il y ait des jaloux...

Merci pour votre compréhension.


samedi 7 mai 2016

Battler Britton, Garry et… Mermoz

   La nuit, je dors, comme ça, au moins, c’est réglé ; reste à m’occuper de mes journées. Pour une grande part, l’école s’en charge ; pour une petite part, il me faut solliciter mon imagination. Ce n’est pas toujours une évidence, car le temps passe vite et file, comme l’eau qui coule dans la rivière. A moi de transformer la banalité, voir la monotonie, en autant de moments exceptionnels. Ainsi, s’il m’arrive, parfois, de pousser mes promenades, jusqu’aux abords de la plaine, le début des champs, il me faut, aussi, savoir apprécier les abords immédiats de la maison.
 
   Mes promenades et jeux, en solitaires, sont autant d’occasions de découvrir quelques espèces animales, dont, les plus grosses, sont toujours des vaches, et les plus petites, toutes sortes d’insectes, de papillons, d’escargots, voir de salamandres ou de tritons, sans parler des oiseaux, bien sûr.
 
   Ah ! Les oiseaux… Comme ils ont de la chance, de pouvoir voler. Qu’il doit être beau, mon village, vu du ciel. Quand je songe à cette merveilleuse invention qu’est l’avion, je m’allonge sur le dos, dans l’herbe grasse et bien verte, et je contemple le ciel, les nuages… Je m’imagine en train de voler. Et je m’imagine aux commandes d’une machine volante, traversant les nuages moutonneux.
 
   Parfois, pour attiser mon imagination, j’ai recours à mes quelques livres. Il y a tout d’abord Battler Britton, qui est une bande dessinée, de petit format. C’est un cadeau de Nananque Alfred, qui est… mon oncle ! Ben oui, parfois ça tombe bien. Il sait que je suis mordu d’histoires de soldats et d’avions, alors, un jour, pour me faire plaisir, il m’a offert un gros bouquin, qui est une reliure de plusieurs numéros. A proprement parler, ce n’est pas vraiment un livre mais plutôt, un bande dessinée.
 
- publié en 1960, il a coûté 2 NF (Nouveaux Francs) - 
(Album relié n° 3 - va du n° 17 au n° 24)
 
   Donc, pour « enrichir » mon imagination, il m’arrive d’emporter ce livre, accompagné de mes deux seuls numéros de Garry, autre bandes dessinées, pour aller les lire dehors. Je m’installe alors sur le toit du clapier, qui se trouve à côté du carin aux bois, à la limite avec le terrain de mes cousins et cousines, et je me plonge dans ma lecture. Endroit idéal pour lire ce genre de littérature, où il convient d’être, un tant soit peu : en hauteur.
 

 
   Je ne suis pas très « lecture » ; au grand dam de mes parents. Les bandes dessinées, sont bien les seuls livres que j’arrive à ingurgiter. Certes, j’aime lire les histoires qui figurent dans mon livre de lectures scolaire, mais de là à me prendre de passion pour la littérature, il ne faut tout de même pas exagérer.
 
   Il est pourtant un livre qu’il m’a été donné d’ouvrir et… de lire. Un livre qui, pourtant, avait tout pour me rebuter : gros, beaucoup de pages et pas d’images. Ce bouquin, allez savoir pourquoi, une foi arrivé au bas de la première page, je me suis mis à poursuivre, j’en ai tourné une autre, puis une autre encore.
 
   Si je l'ai ouvert, c'est bien parce que ça parlait d'aviation, puisque ce n'est autre que...
 
Mermoz, de Joseph Kessel.
 
 
   Commencé à la maison, j’ai eu envie de m’installer en un lieu plus approprié. J’ai fini par me réfugier dans la vieille traction avant de Marraine Jeanne d’Hellemmes (ma tante), remisée au bout de l’allée, entre les vieilles écuries, devenues les ateliers de mon père, et la maison. L’habitacle de la voiture était ma cabine de pilotage. J’étais aux commande de mon avion, au côté de Mermoz.
 
   C’est quand même long à lire, un livre, alors, pour me changer un peu, j’alternais d’un chapitre à l’autre, tantôt « dans », tantôt « sur ». C’est ainsi que je me suis délecté à parcourir le chapitre qui raconte le survol de la Cordillère des Andes : allongé sur le toit de la voiture.
 
   Une fois à bout d'un ou deux chapitres, je refermais pour me dégourdir les jambes, passer à autre chose. A chaque reprise du récit, c’est à cette traction, que je revenais. Parfois je m'allongeai ou m'essayai, sur le toit, les jambes pendantes sur un côté ou bien à l'avant, les pieds sur le capot moteur. J'ai aussi lu quelques pages, assis sur le coffre arrière. Le plus souvent, quand même, c'est  au volant que je tournai les pages, à l'avant, mais aussi à l'arrière, les jambes allongées sur la banquette.
 
- Citroën Traction Avant -
 
   De page en page, de chapitre en chapitre, j’ai vécu en compagnie de Mermoz. Tout comme lui, j’ai souffert et j’ai eu froid mais, aussi, je me suis pris à rêver et à m'émerveiller.
 
   Lorsque j’ai eu fini et que j’ai refermé le livre, j’en fus tout émus, avec même, des larmes plein les yeux.
 
   Je n’en suis pas devenu pour autant, un rat de bibliothèque, non, mais c'est depuis ce jour que j'ai compris, que les livres détiennent un pouvoir.
 
 


 

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