Votre attention, s'il vous plait :

Bonjour à toutes et à tous,
Depuis hier (27 mai 2016), un petit plaisantin s'amuse à m'adresser des messages qui n'ont ni queue, ni tête.
Peut-être pense t-il que je vais m'amuser à lui répondre ?
Peut-être est-ce là une tentative "d'amorçage" ? de "piratage" ?
Qu'importe, de toute façon, je n'ai pas envie de jouer avec ce zigoto et, pour couper court à son petit jeu, je préfère supprimer le "formulaire de contact".
A l'avenir, si un visiteur souhaite me contacter, merci de passer par la page Facebook de Souvenirs de Bachy (ICI)

C'est dingue ! Il faut toujours qu'il y ait des jaloux...

Merci pour votre compréhension.


dimanche 29 mai 2016

Un dimanche de Fête des mères.

   Aujourd’hui, on est dimanche, et c’est la fête des mères. Aussitôt debout, habillé en grande hâte, je retrouve ma mère dans la cuisine. En l’embrassant, je lui souhaite une bonne fête ; elle me sert dans ses bras. Mes frères, insensibles au spectacle, boivent leur cacao avec passion.
 
   Elle me dit des mots tendres, et conclus en m’informant que mon père est déjà en train de travailler dans le jardin.
 
   - « Je vais lui dire bonjour ».
 
   Et je me précipite aussitôt, saisissant ainsi une occasion de m’éclipser pour aller cueillir quelques fleurs.
 
   Je retrouve mon père et l’embrasse à son tour. Bien sûr, il me demande si je n’ai pas oublié, qu’aujourd’hui, c’est la fête des mères. Oh que non ! Je n’ai pas oublié. Comment pourrais je oublier ?
 
   Il délaisse alors son sarcloir, passe son bras autour de mon épaule et m’emmène avec lui.
 
   - « Viens, on va aller cueillir des fleur pour maman ».
 
   Il me laisse choisir les fleurs mais se charge de les couper. Je pourrais m’occuper de cette tâche mais je ne m’y prend pas très bien. Entre nous, je vous dirais que j’ai une fâcheuse tendance à casser les tiges, toujours trop courtes. Et puis, je ne sais pas m’y prendre correctement, et je martyrise plutôt ces pauvres fleurs.
 
- les roses de ma mère -

   - « Voilà, je pense qu’il y en a assez. Ton bouquet est bien beau. On va lui rajouter une rose, de son rosier…
   - Et voilà ! Ca te fait un magnifique bouquet. Rentrons à la maison, je t’accompagne. J’en profiterai pour boire du café ».
 
   - « Je dois récupérer la carte, qu’on a fait à l’école. Je l’ai laissé dans mon cartable ».
 
   De retour dans la maison, mon père se dirige vers la cafetière, maintenue au chaud sur la gazinière. Ma mère se précipite aussitôt pour le servir. Pendant ce temps, je traverse la cuisine, marchant comme un crabe, pour masquer, à la vue de ma mère, le bouquet que j’ai là, caché dans mon dos. Une fois passé la porte, je cours jusqu’à la chambre, pose mes fleurs par terre, et plonge les mains dans mon cartable. Triomphale, j’en sors ma belle carte.   

Carte préparée, pour chacun des élèves,
par notre instituteur.
(recto)
 
   J’ai tout !
 
   Armé pour le « Grand moment », je retourne à la cuisine pour y retrouver la famille. Sous le regard amusé, de mon père, émus, de ma mère, je m’avance et me plante, droit, devant elle. Je découvre ma main droite, celle qui tient les fleurs. Je laisse encore ma main gauche dans mon dos, celle qui cache, ma carte. Et je récite mon poème, appris par cœur :
 
J’ai de toi une image
Qui ne vit qu’en mon cœur.
Là, tes traits sont si purs
Que tu n’as aucun âge.  
 
Là, tu peux me parler
Sans remuer les lèvres,
Tu peux me regarder
Sans ouvrir les paupières.  
 
Et lorsque le malheur
M’attend sur le chemin,
Je le sais par ton cœur
Qui bat contre le mien.
 
Maurice Carême (1)
 (écrit de ma plus belle plume)

   Ma récitation terminée, je présente mon autre main, et lui tend ma carte.
 
(verso)
 
   Elle Prend ses fleurs, les poses sur un coin de table. Elles iront grossir le bouquet, commencé par mes frères. Elle se saisie ensuite de ma carte, la contemple ; et s’émerveille. Puis, plongeant son regard dans mes yeux, saisie ma tête entre ses mains et dépose sur mon front, un baiser.
 
   C’est à ce geste, que je vois bien que ma mère aime ce moment, et moi, je suis content de lui offrir ce plaisir.
 
   Il est temps maintenant, que je prennes mon petit déjeuner car je commence à avoir faim. Tout en mangeant ma tartine, je ne manques pas de dévoiler à ma mère, que j’ai fait quelque chose pour elle, à l’école. Ce petit cadeau, j’irais lui chercher après avoir terminé de manger.
 
   Comme quoi, vraiment, l’école a de bons côtés ; on y fait de chouettes choses. Parfois c’est très amusant ; comme ce fut le cas avec les collages de haricots et de lentilles. Cette année c’est plutôt quelque chose d’utile ; nous avons confectionné une petite corbeille en plastique ; qui a demandé beaucoup d'efforts et de patience. J'ai eu beaucoup de mal à la faire. Quoi qu’il en soit, ce que nous faisons à l’école, c’est toujours de très belles choses. Une année, j’ai fabriqué un tableau représentant Bambi. Je l’ai fabriqué avec des morceaux de feutres, découpés et collés sur une toile verte. Pour que le dessin ne bouge pas, cette toile a été fixée sur une fine planche de bois. C’est Nananque Emile, mon parrain, le mari de ma tante Isabelle, qui a fourni les planches. Ce sont des chutes du revêtement, qui venait tout juste, d’être posé sur les murs de leur « bistrot » ; le café-tabac « Le Nemrod ». C’était chouette et, en même temps, c’était une sacrée chance pour la coopérative de l’école, qui n’a pas eu à dépenser de l’argent pour toutes ces planches de bois.
 
 - Bambi -
 
 
   De tous les travaux manuels, ceux que je préfère, sont les moulages en plâtre. C’est sûr que le gros œuvre est préparé par Monsieur V-, mais c’est chouette à voir, et encore plus excitant quand c’est le moment de démouler. Une fois qu’on a chacun le notre, c’est à nous de jouer, car il faut peindre ; c’est cent fois mieux que de réaliser des coloriages. Tout aussi amusant, vient ensuite la phase : vernis. Ca, j’adore ! Car non seulement on n’a pas à faire attention à ne pas déborder mais, en plus, ça dégage une odeur enivrante ; qu’est-ce qui sent bon, ce vernis. Je ne lésine pas sur la couche, comme ça, au moins, ça peut tenir… des années.
 
 
   C’est vraiment chouette la fête des mères. Parce que, ces travaux manuels, en classe, nous occupent bien ; et c’est toujours ça de gagner sur les dictées, les exercices de grammaires et de calculs.
 
   Je sais pas vous ? Mais moi, quand je m’amuse et que je fais des bêtises, c’est jamais exprès, car j’aime trop voir mes parents heureux ; ça me rend heureux à mon tour, tout simplement. Alors, c’est bien qu’on pense à fêter les mamans, au moins une fois, dans l’année.
 
   Trop petit et bien trop timide, je serais bien en mal de trouver des mots pour exprimer mes sentiments.
 
   C’est sans doute pour aider les gens comme moi, qu’il existe des poètes. Eux, trouvent toujours les mots qui vont droit au cœur. Il est bien plus simple, plus facile, d’aller puiser, directement, chez ces poètes. Ainsi, si plus tard, dans biens des années, quand je serais grand, je devais choisir un poème de Maurice Carême, à lire à ma mère, voici celui que je choisirai :
 
Te remercierai-je jamais assez
De m’avoir mis au monde
Et de m’avoir donné
Tant d’arbres à aimer,
Tant d’oiseaux à cueillir,
Tant d’étoiles à effeuiller,
Tant de mots à faire chanter,
Tant de cœurs à comprendre,
Tant de jeunes filles à entendre,
Tant de mains d’hommes à serrer
Et une âme de petit enfant
Qui ne demande à l’existence
Qu’un peu de brise pour son cerf-volant.
 
 
__________
1 – Maurice Carême (1899-1978)

2 commentaires:

  1. Que de beaux mots !
    J'ai un faible ces moulages en plâtre, peinture et vernis. En te lisant, je retrouve l'odeur de ce dernier. Étant un peu plus vieux que toi, ce type de travaux manuels était assez fréquent dans les écoles, il y avait aussi le cendrier et le vase. Il me revient à l'esprit les après-midis récréatifs à la salle Fichelle (la Coop !), où chaque classe jouait sa scénette et chantait avant la remise ,par la municipalité, du bouquet de fleurs et la traditionnelle couverture de laine aux jeunes mamans... mais tu étais encore tout petit.

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    1. Bonjour André,
      Cet article t'a rappelé de bons souvenirs, à ce que je vois. Tant mieux. Pour ma part, c'est ton intervention, qui me fait grand plaisir.

      Ton petit mot ajoute une touche, aux racines du "vieux" village. C'est qu'il y en aurait, des choses à raconter...
      Je pense que cela est dû, en partie sans doute, au fait qu'à l'époque, les habitants se côtoyaient bien plus fréquemment qu'aujourd'hui (là, je ne parle pas spécialement de notre petit village mais d'une généralité).

      Merci encore pour ton petit mot. Ca faisait bien longtemps que je n'avais pas reçu de tes nouvelle ; voilà qui est fait.

      Au plaisir.
      Jacky

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