Votre attention, s'il vous plait :

Bonjour à toutes et à tous,
Depuis hier (27 mai 2016), un petit plaisantin s'amuse à m'adresser des messages qui n'ont ni queue, ni tête.
Peut-être pense t-il que je vais m'amuser à lui répondre ?
Peut-être est-ce là une tentative "d'amorçage" ? de "piratage" ?
Qu'importe, de toute façon, je n'ai pas envie de jouer avec ce zigoto et, pour couper court à son petit jeu, je préfère supprimer le "formulaire de contact".
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C'est dingue ! Il faut toujours qu'il y ait des jaloux...

Merci pour votre compréhension.


dimanche 19 juin 2016

Ce père... mon héros.

   - « Et les pères ? »

   Quoi, les pères ?

   […]

   La fête des pères, vous voulez dire ?

   Bah ! La fête des pères… c’est pour les filles. Les filles sont toujours accrochées à « leur » papa. Les garçons… c’est des mecs, des gaillards, des petits d’hommes. Ils sont fiers ; ou plutôt, il font le fier. En tous cas, ils ne s’amusent pas à cueillir des fleurs pour les offrir à leur père. Autant pour leur propre fierté, que pour celle du paternel, du chef de maison, de l’autorité virile de maître de tribu. Pas question de s’abaisser à faire dans le sentimental ; entre hommes on s’épargne ce genre de faiblesse.

   Un fils regarde son père, comme on regarde un guide, un héros. Ah ! Ce père… mon héros(1). Et un fils se dit que ce père, lorsqu’il pose le regard sur son fils, il se doit de le voir, comme on voit un garçon : fort et courageux. Un fils évite de pleurer devant son père ; pas devant sa mère.

   Je crois que tous les pères savent ça ou, d’instinct, se comportent comme ça. Un père c’est fort ; tout naturellement, et tout simplement. Alors, il n’attend pas d’un fils, que celui-ci fassent dans la tendresse.

   Oh ! Certes, quand on est petit-petit, on se laisse prendre au jeu. Parce que le père, lui-même, s’en amuse. Alors on court vers lui et on l’embrasse.

   Mais ce jeu cesse vite. Les embrassades deviennent alors, la marque d’un évènement particulier : nouvel an, anniversaire… fêtes des pères.

   Voilà ce qu’est, la fête des pères : le jour où un fils, embrasse son père.

   Du coup ! Ca en fait un doux moment, pour le père, qui reçoit là, la plus belle marque de tendresse de son garçon. Garçon devenu trop grand, trop vite… le privant de ses marques extérieures d’affection.

   Et pour le fils, ce rite devient une excuse, qui permet, le temps d’un instant, de dévoiler, encore, son âme d’enfant.

   Oui, ce n'est rien d'autre que ça, la fête des pères.

   Pas besoin d'en faire... tout un fromage.

   Mais… Malgré tout… J’aimerai bien pouvoir faire plus. Faire un geste. Offrir un petit cadeau. Maquer le coup, de façon différente. Faire quelque chose… qui puisse rester.

   - « Non ! Non ! Ne cherche pas ; ne te traquasse pas. Ton père n’en demande pas plus ; il ne demande rien d’autre. Je t’assure. Embrasse le, souhaite lui une bonne fête, et il sera content. »

   Ma mère a beau insister, j’aimerai bien pouvoir faire mieux. Mais comment ?

   Vous êtes vous déjà poser la question, sur les hasards de la vie ?

   Moi, j’arrête pas de m’interroger. Ainsi, tiens, par exemple : je suis là à me demander ce que je pourrais offrir à mon père et paf ! Je trouve, par terre, un minuscule briquet, monté en porte-clefs.

   N’est ce pas un hasard, étrange ?

   Ca y est ! Je le tiens, ce cadeau pour mon père. Je suis sûr qu'il va l'aimer. Surtout qu'il y a des jolies filles, dessus ; même qu'elles ne sont pas très habillées. Et puis, ça fera une pièce de plus pour sa collection, car mon père collectionne les porte-clefs.

Sa collection de porte-clefs

   D’autre part, il fume, et ce porte-clefs pourrait le dépanner s’il venait à manquer d’essence, dans son briquet.

Son briquet et nécessaire pour fumer

   Après ça, si quelqu’un me dit que la vie n’est pas belle ?

   Je suis si heureux, que je m’en confie à ma mère. Prenant conseil pour l’emballage. Après avoir tourné et retourné la question dans ma tête, je décide de mettre l’objet dans une petite boite d’allumettes. Un petit papier autour, et le tour est joué.

La petite boite d’allumettes.
 
   Ma mère, je le vois bien, semble s’en amuser. Peut m’en importe, je suis tout heureux à l’idée de pouvoir offrir un cadeau à mon père.

   Et le jour tant attendu, arrive. Le cadeau, minuscule cadeau, si petit dans sa si petite boîte d’allumettes, n’attend plus, que d’être offert.

   Mais… Voilà que… Prenant soudainement conscience de l’aspect microscopique du présent, je me refuse, à la dernière seconde, à lui offrir. Trouvant la chose ridicule, voir même… méprisable. Geste indigne d’un fils. 

   L’honneur aurait pu être sauf, si les choses en étaient restées là ; c’était compter, sans ma mère.

   On dirait que les mères, sentent ce qui se passe dans la tête de leurs enfants ?

   - « Tu n’avais pas un cadeau pour ton père ? »

   - « Non ! Non ! C’est rien »

   - « Allons. Tu te faisais une joie de lui offrir. »

   Zut et zut, la voilà en train d’aggraver la situation. Je me retrouve, maintenant, tout penaud, face à mon père. Lui, il ne dit rien ; il me regarde et me laisse agir. Alors, prenant mon courage à deux mains, je plonge la main dans ma poche, j’en sors ma boîte, et la lui tend.

   Bien sûr, il s’en saisi.

   Le papier est défait et met à jour la boîte d’allumettes. Mon cœur commence à se serrer. Il ouvre ensuite cette boite et là, mon cœur se serre d’avantage.

   Le voilà qu’il prend l’objet en question ; je n’ai plus de cœur.

   Pourtant… tout sourire, il me remercie et m’embrasse.

   - « Voilà un bien beau porte-clefs, pour ma collection. Avec de belles pinups, par dessus le marché ».

   En suis-je rassuré ? Oui et non. Oui, il m’a rassuré en me faisant part de son plaisir ; mais non, pas tant que ça, je trouve toujours ce cadeau, indigne de lui.

   Il ne faut jamais, au grand jamais, se moquer d’un cadeau d’enfant. Voilà bien, ce que je peux en tirer comme leçon.

   C’est toujours avec le recul, qu’on peut juger de la sincérité de quelqu’un. Et je sais maintenant, que mon père était sincère lorsqu’il m’a déclaré, ce jour là, apprécier mon cadeau.

   Parce que ce porte-clefs est toujours resté dans sa collection.

   Il l’a toujours gardé, ce minuscule briquet, reçu... un jour de fête des pères.

   Faisant de ce modeste cadeau, quelque chose… qui est resté.

Le cadeau pour mon père.

 
 
 
 
__________
1 – En référence à "Mon père, ce héros (Après la bataille)", de Victor Hugo :

Après la bataille
Mon père, ce héros au sourire si doux,
Suivi d’un seul housard qu’il aimait entre tous
Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,
Parcourait à cheval, le soir d’une bataille,
Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.
Il lui sembla dans l’ombre entendre un faible bruit.
C’était un Espagnol de l’armée en déroute
Qui se traînait sanglant sur le bord de la route,
Râlant, brisé, livide, et mort plus qu’à moitié.
Et qui disait:  » A boire! à boire par pitié !  »
Mon père, ému, tendit à son housard fidèle
Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,
Et dit: « Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé.  »
Tout à coup, au moment où le housard baissé
Se penchait vers lui, l’homme, une espèce de maure,
Saisit un pistolet qu’il étreignait encore,
Et vise au front mon père en criant: « Caramba !  »
Le coup passa si près que le chapeau tomba
Et que le cheval fit un écart en arrière.
« Donne-lui tout de même à boire », dit mon père.
Victor Hugo

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