Votre attention, s'il vous plait :

Bonjour à toutes et à tous,
Depuis hier (27 mai 2016), un petit plaisantin s'amuse à m'adresser des messages qui n'ont ni queue, ni tête.
Peut-être pense t-il que je vais m'amuser à lui répondre ?
Peut-être est-ce là une tentative "d'amorçage" ? de "piratage" ?
Qu'importe, de toute façon, je n'ai pas envie de jouer avec ce zigoto et, pour couper court à son petit jeu, je préfère supprimer le "formulaire de contact".
A l'avenir, si un visiteur souhaite me contacter, merci de passer par la page Facebook de Souvenirs de Bachy (ICI)

C'est dingue ! Il faut toujours qu'il y ait des jaloux...

Merci pour votre compréhension.


dimanche 5 juin 2016

Un p'tit tour.

   Aujourd’hui, on est dimanche. Non seulement je n’ai rien à faire, ni aucune prévision d’activité, et pas la moindre visite à la famille n’est au programme de la journée. Bref ! Une journée où il faut se chercher, soi même, quelque chose à faire.

   C’est ainsi que j’ai passé ma matinée à me fabriquer une vraie arbalète. Une journée calme et tranquille où il fait bon profiter de la douce chaleur printanière.

   Et voilà que vous passez me dire bonjour. Que pourrais je vous proposer, pour que nous passions un après-midi agréable ?

   Et si nous allions nous promener un peu ? Cela vous dirait il de faire un petit tour dans le village… en ma compagnie ?

   Il faut marcher ; mais ça peut être sympa.

   Marcher ne me dérange pas, j’ai l’habitude. Il m’arrive même d’aller jusqu’au Riez de Bourghelles, pour pêcher des épénoques [épinoches, petits poissons]. Aller-retour, ça fait une trotte. J’ai des bonnes jambes, tous mes p’tits muscles ne demandent qu’à s’activer et mon cœur est solide. Ma mère, bien consciente de mes ressources, n’hésite jamais à m’envoyer chercher le pain chez Bécquet ; c’est sur la route nationale. Là aussi, ça fait une trotte. Il faut descendre la rue (1) et, arrivé aux dernières maisons, prendre à droite et remonter toute la rue Léo Lagrange ; on arrive ainsi à l’intersection avec la Route Nationale. En marchant sur cette route , on passe devant une grande pâture avec, au beau milieu, un énorme marronnier ; de toute beauté. Une fois arrivé, il faut prendre à droite et la boulangerie est à quelques mètres.

   C’est loin mais j’aime bien aller jusqu’à la boulangerie, parce que, une fois qu’on ouvre la porte, ça sent bon… le bon pain. A chaque fois que ma mère m’envoie acheter du pain, je lui demande si on peut le faire couper, parce que la boulangère a une machine qui coupe en tranches. Elle met le pain derrière sa machine et ensuite elle la met en route, et le pain passe entre les lames ; c’est beau à voir.

 
   Et puis, souvent, elle en profite pour me demander de passer chez Clémentine. Clémentine, c’est la charcutière. Sa petite boutique est à gauche, quand on arrive à l’intersection avec la route nationale. S’il m’arrive de rechigner à aller jusqu’à la boulangerie, parce qu’à pied ça demande beaucoup de temps, je dis tout de suite oui, s’il me faut passer par chez Clémentine… rien que pour l’odeur. Là ! Dès qu’on entre, ce sont les bonnes odeurs de charcuteries, qui envahie vos narines. A lui seul, le parfum me fait courir, pour arriver plus vite, mais s’il n’y avait que ça ? Mais non ! De même que la boulangère coupe le pain devant vos yeux, Clémentine vous prépare viandes et charcuteries, sous vos même yeux ! Parfois c’est un morceau de viande, qu’elle va chercher dans son réduit et qu’elle coupe et prépare devant vous, parfois c’est la saucisse, qu’elle confectionne à la demande. J’aime bien la regarder faire sa préparation, pour ensuite l’enfourner dans son hachoir avant de tourner une manivelle qui engloutit d’un côté, pour faire ressortir d’un autre, la faisant passer dans une peau fine qui la tiendra en boudin. Tout ça est assez extraordinaire à voir mais, cerise sur le gâteau, c’est quand arrive le moment de partir. Après lui avoir donner le porte-monnaie pour qu’elle se paye, elle ne manque jamais de donner une tranche de saucisson.

   En toute honnêteté, parce qu’on est entre nous, cette rondelle de saucisson vaut cent fois, toutes les hosties que Monsieur le curé peut nous donner, quand il a la chance de me voir à l’église.
 
(emplacement de ces deux commerces)
 
   Donc, on pourrait partir par là, histoire de s’arrêter chez Clémentine. Peut-être serait elle d’accord pour vous faire goûter une tranche de son saucisson ; même si on ne lui achète rien ? Mais, après, où irions nous ? Revenir sur nos pas, ou poursuivre en remontant la Route Nationale. Si on prend par là, on arrive au café-tabac de ma tante « Le Nemrod », que vous connaissez maintenant, mais ce serait un bien trop grand tour à faire, et puis, ma mère ne serait pas d’accord pour qu’on marche ainsi, au bord de la nationale ; c’est bien trop dangereux, à cause des voitures.

   Je pense qu’il serait donc plus intéressant d’emprunter la route qui passe devant mon école, et poursuivre en faisant le tour par l’église, pour revenir par la route du cimetière. De plus, cette petite balade nous permettrait de voir un peu le cœur du village.

   Comme vous êtes d’accord… on est parti !
   Tout en marchant, on pourrait parler d’aventures et de mystères, comme dans la chanson « Chandernagor » (2)

chanson – Chandernagor

   …Mais il serait sans doute plus intéressant que je vous parle du village.

   Là ! A droite, nous passons devant la maison de notre grand copain Michel. C’est une petite maison, toute en longueur. Il faut s’avancer sur un trottoir, cerné à gauche par un petit terrain et à droite par un garage, prolongé par un petit réduit, qui sert d’atelier. C’est là, entre autre, que Michel nous perce des balles. Balles que l'on sépare des cartouches en les coupant avec une cisaille, lorsqu'on s'amuse à faire brûler la poudre, sur le toit de notre blockhaus. Une fois que la balle est percée, il reste à passer une ficelle. Comme ça on peut la porter autour du coup, comme un soldat qui a été blessé. Au bout de cette allée, la porte d’entrée donne sur la cuisine. Il arrive, parfois, qu’on traverse la maison pour accéder au jardin, situé à l’arrière. Quand on décide de discuter entre nous, ou de fumer une cigarette en cachette, dans le cabanon de jardin, situé tout au bout du terrain.

   Maintenant on passe devant la maison de monsieur et madame G-. Ils ont surtout des filles, mais, heureusement pour nous, ils ont aussi un garçon : Olivier. Comme c’est aussi notre copain, il lui arrive de nous inviter à jouer chez lui. Les jeux sont toutefois moins marrant… pour moi. Parce que je suis toujours le plus petit et, du coup, on me refile toujours un pistolet qui ne doit son nom, qu’à sa forme : découpée dans un morceau de bois. C’est toujours le grands, qui se choisissent les plus belles armes. Mais j’aime quand même bien aller chez lui. C’est une grande et belle bâtisse. Impressionnante. Toute la famille, je crois, fait de la musique et joue du piano ; parce qu’il y a un vrai piano, dans le salon. Et puis, les parents sont très gentil. Une fois, Madame G- nous a fait écouter des disques. C’était une musique que je ne connaissait pas, je crois que c’était un genre de musique, qu’on dit être « classique ». La musique, en elle-même, je n’ai pas trop aimé. Ce qui était marrant, surtout, c’est tout ce qu’il faut faire, pour faire fonctionner la machine. Il faut d’abord poser le grand disque, ensuite, tourner une manivelle. Une fois que le disque tourne, il faut encore poser l’aiguille sur le disque pour, enfin, entendre le son qui sort d’un énorme cornet. Ca change des petit tourne-disques qu’on trouve maintenant. C’est vraiment chouette d’être reçu ainsi, chez les copains.

   Comme parler ne nous empêche pas d’avancer, nous voici arrivé devant mon école. Pour arriver jusqu'ici, on est passé devant chez Louise Madou et on a tourné, tout naturellement à gauche. C’est le même chemin, dont je vous ai parlé, quand je suis allé avec mon père, faire un tiercé au bistrot de ma tante… un jour de pluie. On aurait pu poursuivre tout droit, plutôt que de tourner ; ça nous aurait amené à l’Allée du Château. Sauf que pour rejoindre la route sur laquelle nous nous trouvons actuellement, nous aurions dû prendre par la Voie du Château. Voie qui est tellement étroite, que nous aurions eu du mal à nous tenir, l’un à côté de l’autre.

   De l’école, je vous en ai assez raconté ; je pense qu’il n’est pas utile de déranger Monsieur et Madame V-, même si je devine Philippe, certainement en train de jouer, seul, dans la cour de récréation. Tout ce que j’en ai à dire, aujourd’hui, c’est que j’aime bien passer devant le portail de l'école... quand il n’y a pas école, et que le portail est fermé. A droite, ce grand terrain vague ; en herbe certes, mais vague quand-même, je ne sais pas à qui il appartient. Pour l’instant, il nous sert de temps en temps, pour jouer.

   On passe maintenant, devant la Coop. Juste à côté, cette petite ouverture, c’est de là où nous aurions débouché, si on avait pris la Voie du Château. Poursuivons et laissons cette rue, à gauche (3), qui mène à la route nationale. Au bout de notre route, on pourrait poursuivre tout droit, mais ça nous ferait faire un trop grand détour. On va prendre à droite. La maison qui fait l’angle, est un peu en contre-bas et, en plus, elle a des fenêtre assez basses. Je ne connais pas les gens qui y habitent, mais la femme doit avoir un penchant pour les bibelots (4), parce qu’il y en a de partout, sur ses appuis de fenêtre.

   Nous voici maintenant, dans la rue de l’Eglise (5), celle qui mène à… l’église, mais aussi : à la place, à l’école des filles et à la salle des fêtes.
 
Vue ancienne de la : Rue de l'Eglise

Aujourd'hui : Rue des Archers
 
Ca n'a pas beaucoup changé.
 

   Nos pas nous ont donc mené en plein cœur du village.

   En arrivant sur la Place de la Liberté, on a d’abord eu le Monument aux Morts.
 
Monument aux morts

   Ensuite on a la Place. Ici, à gauche, c’est l’école des filles, en face, l’église, et sur notre droite, la salle des fêtes.
 
 Le centre du village (vue Google-Maps).

   Ici, sur la place, il n’y a pas bien longtemps, on a eu droit à une mise en pratique de nos connaissance en matière de code de la route. Ce jour là, les gendarmes avaient installés une piste routière, avec tout un dispositif pour simuler une reproduction, en miniature, de carrefour, de feux, de "Stop" et tout le tintouin. La plupart d’entre nous devaient circuler en voiture à pédales, alors que les plus chanceux, parcouraient ces semblant de routes, en vélo. Je vous laisse deviner avec quel engin il ma fallu déambuler ? C’est inutile, je crois, vous avez deviné. J’ai pas aimé, j’ai trouvé ça ridicule. Par chance, on a eu un peu de temps devant nous, pour refaire un deuxième passage et là, j’ai eu le droit de prendre un vélo. Revers de la médaille : mon bonheur était bien trop grand, et je m’en suis donné à cœur joie. Du coup, j’en oublié de m’arrêter aux "Stop", aux feux, de tendre mon bras pour tourner et tout le cérémonial qui va avec une conduite exemplaire, en matière de pilotage d’un bicyclette. Inutile de vous dire, que j’ai été plusieurs fois rappelé à l’ordre, au point de devoir sortir du terrain. J’avais beau expliqué au gendarme, que j’étais envahi du bonheur de piloter une bicyclette ; il n’a rien voulu entendre.

   Il a quand même été gentil avec moi car il m’a offert un « précode ». C’est un carton avec deux disques (en carton aussi), qu’il faut tourner pour faire défiler, les panneaux d’un côté, les priorités de l’autre.
 
"Précode"


   Ca peut être utile, je ne dis pas, mais il n’empêche que je préfère « l’ardoise enchantée », que m’a mère a eu avec l’achat d’une paire de chaussures Taïga.
 
Ardoise enchantée.


   Ne traînons pas trop car on a encore un petit bout de route à faire, avant de retrouver la maison. On descend maintenant, la rue de l’Egalité. Juste avant le cimetière se trouve une menuiserie, où il y a un entrepôt de bois. Un soir, il a prit feu. Ce devait être impressionnant. De nombreux habitants du village s’étaient déplacés pour regarder les pompiers travailler. Je suis passé quelques temps après, quand j’ai pu, parce qu’avec l’école, on ne peut pas faire comme on veut. C’était triste à voir, et ça sentait encore très fort ; pensez, tout ce bois brûlé.

   Bon ! Le cimetière, c’est le village endormi... du village. Tous les ancêtres dorment là-dedans. De temps en temps, on y va, avec mes frères et avec Michel, pour se raconter des histoires qui font peur. Si vous avez le temps, un jour, je vous y emmènerai. On n’a pas trop le temps aujourd’hui, parce qu’il commence à se faire un peu tard et je n’ai pas prévenu ma mère, que je partais aussi longtemps. Elle ne sait pas où je suis passé et si elle me cherche et qu’elle ne me trouve pas, ça risque de faire des petites étincelles. Surtout si personne n’est au courant de mon escapade.

   Voilà ! En descendant la route, on arrive à la ferme Pollet. Très belle ferme, au demeurant. Je ne me rappel pas y être entré mais, vu de l’extérieur, y’a d’la bâtisse.

   Nous voilà de retour dans ma rue. Il est temps de vous dire au revoir et, peut-être, à bientôt.

   Je cours me mettre à mes devoirs et mes leçons car, bien évidemment, je n'ai encore rien fait.


__________
1 – Rue Roger Salengro
2 – Extrait du feuilleton télévisé “Signé Alouette”, diffusé en 1967.
3 – Rue Jean-Baptiste Lebas
4 – Bibelot : petit objet décoratif, rare ou curieux
5 – Rue de l’Eglise, aujourd’hui : rue des Archers

 

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