Votre attention, s'il vous plait :

Bonjour à toutes et à tous,
Depuis hier (27 mai 2016), un petit plaisantin s'amuse à m'adresser des messages qui n'ont ni queue, ni tête.
Peut-être pense t-il que je vais m'amuser à lui répondre ?
Peut-être est-ce là une tentative "d'amorçage" ? de "piratage" ?
Qu'importe, de toute façon, je n'ai pas envie de jouer avec ce zigoto et, pour couper court à son petit jeu, je préfère supprimer le "formulaire de contact".
A l'avenir, si un visiteur souhaite me contacter, merci de passer par la page Facebook de Souvenirs de Bachy (ICI)

C'est dingue ! Il faut toujours qu'il y ait des jaloux...

Merci pour votre compréhension.


dimanche 14 août 2016

Au domaine des morts.


   S’il est une chose qui met mal à l’aise, le petit Rouletabille, c’est bien le mot : « éternité ». Il ne peut concevoir qu’un être puisse mourir et, ainsi, reposer, seul, dans la terre, pour la nuit des temps ; sans qu’il n’y ait, jamais, une fin. Etre mort, comme ça, ne plus exister, et ne pas pouvoir y mettre une limite. Cette notion, non seulement lui fait peur, mais, de plus, elle a le pouvoir de le plonger dans une réflexion, des plus intense ; au point d’en avoir le tournis… Quand il y pense très fort, essayant de visualiser ce que peut représenter quelque chose qui n’a pas de fin, il en deviendrait presque malade. En fait, il a beau tourner, et retourner, dans tous les sens, l’épineux problème de « temps », il ne comprend pas. C’est bien simple, le mot lui-même est vide de sens, et, toujours selon sa propre opinion, il ne devrait même pas exister.

   Voilà bien, la chose la plus mystérieuse qui soit. Comment c’est, pour un mort ? Comment continue t-il son existence ? Erre t-il toujours… quelque part ? Un mort, vit-il dans un autre monde ?

   Non ! Tout ça, pour lui, n’a aucun sens, c’est pourquoi, il se dit, aussi, que tout ce qu’on peut raconter, sur l’au-delà… la vie après la mort, ne peut pas, ne pas reposer sur un fond de vérité. Les fantômes, les morts-vivants, les vampires, les zombis, les spectres, les feux follets, les lutins, les gnomes, les monstres, les maisons hantées, tout ça doit bien exister. Lorsqu’il en arrive à cette conclusion, il en a la chaire de poule et des frissons lui parcourent tout le corps, allant jusqu’à lui faire dresser les cheveux sur la tête.

   Lorsqu’il en vient, à ce point, à se faire peur, il s’efforce de penser, qu’il existe autant de gentils fantômes, que de méchants et, qu’en matière de surnaturel, il doit bien y en avoir, qui se prennent d’affection pour un être vivant, au point de s’en faire un ami, qu’il suit alors, comme son ombre. Ces fantômes, que nous les vivant appelons : des anges gardiens. Heureux sont ceux qui bénéficies des bonnes grâces d’un ange gardien, pour eux, c’est la sécurité, et la tranquillité, assurée.

   Tout ça est bien beau, mais qui peut se prévaloir des bonnes grâces d’un tel protecteur… Et voilà, qu’on retombe dans le doute, les pensées, glauques, sombres, ténébreuses, visqueuses, gluantes et saisissantes. Suis-je seul, à vivre dans de tels angoisses ? Pas sûr… Ce qui l’est, par contre, c’est que le mystère attire , je dirais même, qu’on aime à se faire peur. Pour ça, rien de tel que les grands et, en la matière, Michel n’a pas son pareil ; il sait si bien raconter les épisodes de Belphégor.

   Pour clôturer le tout, il est de notoriété que les grands se font un malin plaisir, à faire peur aux plus petits et, de la bande, le plus petit… c’est lui !
   D'un autre côté, à fréquenter les grands, ça le blinde un peu, ce petit de la bande. Ainsi, aux yeux de tous, il sait faire le fanfaron, mais, dans sa tête, il n’en mène pas large ; loin s’en faut.

   Ainsi, en ces grandes vacances, où non seulement il n’est plus de mise d’aller au lit à huit heures [vingt heures] et, qui plus est, il est souvent permis de ressortir après le repas du soir, jusque, parfois, avec autorisation de rentrer un peu tard, les occasions de se retrouver, pour se raconter des histoires, ne manquent pas.

   Et quand ça les prends, aux grands, d’orienter la discussion sur des histoires à dormir debout, quoi de plus naturel que d’aller user ses semelles et fonds de culottes, dans ce lieu si silencieux qu’est… le cimetière.  Alors, gaiement, on marche en direction de ce haut lieux, où nombre d’anciens du village reposent, bien gentiment.


*
*      *

   Après avoir passé deux virages, le premier à droite, le second à gauche, nous abordons une grande ligne droite. Celle-ci est déjà sombre et prometteuse des pires embuscades malveillantes. Un fois passé les deux gros marronniers de chez Ballenghien, les langues se délient et les bouches s’ouvrent toutes grandes, permettant à chacun de donner libre court à son imagination. Nous approchons de notre but, nous entrerons bientôt, dans l’antre de la mort.

   Une fois le portillon franchi, le groupe, bizarrement, se resserre ; enfin, surtout moi. Hors de question d’être à la traîne, encore moins d’aller de mon côté, au hasard d’une allée de tombes. Etrange sensation même, que cette fraternité, où le petit groupe se retrouve très compacte. Ce « phénomène », accentue l’angoisse… quelque chose devrait se passer et, en ce lieu, si quelque chose se passe, ce ne peut être que quelque chose de terrifiant.

   Fièrement, on se décide pour une tombe sur laquelle s’asseoir, et on écoute notre ami, qui commence par le dernier épisode de Belphégor. Une fois terminé, une discussion à bâton rompu s’engage ; chacun y allant de son petit commentaire, ponctué par des croyances, mais, surtout, souligné par des affirmations… jamais prouvées, ni même vérifiables.



   - « Il parait que quand quelqu’un est enterré, on peut voir son esprit. Il apparaît et flotte au-dessus de sa tombe. C’est ce qu’on appel un  feu follet ».
   - « Et tu crois qu’on peut en voir, ce soir ? ».
   - « Bien sûr ; pourquoi pas ».
   - « Y faut quand même faire attention de ne pas se faire repérer, sinon y peut chercher à nous attraper, pour s’emparer de notre corps et de notre esprit ou, pire encore… de notre âme ».
   - « Ca fout les j’tons, quand même ».
   - « T’as peur, toi ? ».
   - « Ben ?! Faut pas trop rigoler avec ça, parce que, la plupart du temps, ce sont ceux qui font le malin, qui se moquent le plus de ces choses là, qui se font, les premiers, attraper ! ».
   - « Moi ! C’est même pas la peine de me demander, parce que vous me foutez la trouille, avec toutes vos histoires ».



   Et, joignant le geste à la parole, je remonte mes pieds afin qu’ils ne reposent plus par terre ; me retrouvant recroquevillé sur la pierre tombale, enserrant mes jambes, de mes deux bras. Sage précaution, qui devrait éviter de me faire attraper par un mort-vivant.

   - « Ca fout les j’tons, hein ? Eh ben, dis toi que c’est rien à côté de ceux qui pourrait nous arriver, si une créature de l’autre monde, mi-squelette, mi-homme, se mette à sortir d’une tombe ou d’un caveau, et s’en prenne à nous… J’te dis pas, celui qui se ferait attraper, pass’rait un salle quart-d’heure ; pour sûr ! ».
   - « Y parait, que quand on parle de ça, la nuit, dans un cimetière, ça les fait sortir de terre ? ».
   - « Faudrait p’t’être pas trop en parler, alors ? ».
   - « Bas ! On est jeune, on court plus vite qu’eux ! ».
   - « Ouais ! Ben moi, c’est pas fait pour m’rassurer ».

   Et ainsi de suite, poussant de plus en plus, la surenchère... faisant, du même coup, monter l’angoisse. Jusqu’à ce que, tout à coup…

   - « Chut ! Taisez vous !… Vous s’avez pas entendu comme un bruit ? ».
   - « Non… et vous ? ».
   - « Silence ! Que j’vous dis ! … Ecoutez ».

   Et là ! Le grand silence se fait. Plus le moindre mot. Tout le monde reste figé, comme pétrifié… Chacun tend l’oreille. 

   Vous êtes vous déjà retrouvé, de nuit, dans un cimetière ? Il n’y a rien de rassurant, je vous assure. Moi, dans ma petite tête, je ne cherchais plus à percevoir le moindre bruit suspect… J’étais, déjà, en pleine prière, invoquant, de toutes mes forces, mon ange gardien ; le priant de venir manifester sa présence à mon côté, pour que rien de mal ne m’arrive. Tout à mes pensées, aussi soudain que brutal… Michel, dans un grand cri, plein d’horreur, s’écrie…

   - « Là ! Regardez ! Derrière cette pierre… une silhouette noire ! ».

   Aussitôt ! D’un seul élan, et avant même que je puisse faire quoi que ce soit, mes compagnons se lèvent et se sauvent à toutes vitesses. Moins prompt à réagir, je ne tarde cependant pas à me mettre debout pour m’élancer à leur suite et, tout en courant, de crier :

   - « Et ! Les gars ! Soyez pas vaches ; attendez moi ».

   Pas la peine de m’égosiller, sûr, ils ne vont pas s’arrêter ; ils ont déjà passé le portillon. Redoublant d’ardeur, j’accélère l’allure, mais j’ai déjà pris du retard. A mon grand dam, une fois passé ce même portillon, je ne peux que constater que tout le monde à pris de la distance. Distance qui se creuse, de par le simple fait qu’il sont tous plus grand, et plus rapide que moi. Tous courent, à grandes enjambées. Et moi ? Pauvre de moi… Je me retrouve seul, dans la nuit noire, poursuivi, certainement, par quelques méchant spectres. Je risque de me faire attraper, d’une seconde à l’autre. Paniqué, je cours de toutes mes forces, focalisant ma pensée, sur le seul être bienfaiteur, qui coure, lui aussi, certainement (enfin je veux le croire), à mon côté… mon ange gardien. Et, pendant que je dévale la rue, je ne cesse de le prier, de me protéger. Et je parcours ainsi, toute la distance qui me sépare de la maison, sans ralentir une seule seconde.







(dessin de l'auteur)


   Lorsque j’arrive enfin, au terme de ma course, je retrouve l’équipe, qui semble avoir déjà repris son souffle. Je peux maintenant m’arrêter. Il est plus que temps, que je reprenne de l’air. Plié en deux, les mains en appui sur mes genoux, je n’en puis plus, la gorge me brûle et ne peu prononcer le moindre mot.

   - « Personne ne t’a attrapé ! C’est tant mieux. Ca a été moins une, c’est sûr ».

   Levant un bras, en signe d’acquiescement, je leur fais comprendre que tout va bien ; je ne suis pas passé dans l’autre monde.

   - « Allez, viens ! on va s’asseoir encore cinq minutes, le temps que tu reprennes ton souffle… et tes esprits ; après on rentrera chacun chez soi ».

   Assis en rang d’oignons, contre le muret de la maison de notre grand copain, on parle de notre prochain rendez-vous. On se met, à réfléchir au comment nous pourrions occuper notre temps et on s’interroge sur notre stocke de pétards et provisions, pour se confectionner des cigarettes.

   Ce n’est qu’après avoir décidé de brûler de la poudre de quelques cartouches de guerre, sur le toit de notre blockhaus, que nous consentons à nous séparer… tout à la joie d’un nouveau programme d’aventures. Aventures qui s’annonces déjà, très prometteuses.
 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire