Votre attention, s'il vous plait :

Bonjour à toutes et à tous,
Depuis hier (27 mai 2016), un petit plaisantin s'amuse à m'adresser des messages qui n'ont ni queue, ni tête.
Peut-être pense t-il que je vais m'amuser à lui répondre ?
Peut-être est-ce là une tentative "d'amorçage" ? de "piratage" ?
Qu'importe, de toute façon, je n'ai pas envie de jouer avec ce zigoto et, pour couper court à son petit jeu, je préfère supprimer le "formulaire de contact".
A l'avenir, si un visiteur souhaite me contacter, merci de passer par la page Facebook de Souvenirs de Bachy (ICI)

C'est dingue ! Il faut toujours qu'il y ait des jaloux...

Merci pour votre compréhension.


samedi 27 août 2016

La belle étoile.


   - « Tu crois qu’on verra des étoiles-filantes ? ».
   - « Peut-être ; avec un peu d’chance ».

   Bien installé, à proximité de notre Blockhaus, je savoure le calme de la campagne. Mes sens sont en éveils, et suis tout autant attentif au paysage, qu’aux bruit des animaux nocturnes, qui se préparent à une longue nuit d’activités. La nature est loin d’être silencieuse, çà et là, j’entends des sifflements, parfois des cris ; souvent lointains.  Les insectes eux-mêmes, ne restent pas silencieux. Je suis tout à la fois étonné, et émerveillé.

   Ce soir, nous avons décidé de passer la nuit, à la belle étoile.

   Comme c’est souvent le cas, pendant les vacances, nous sommes ressortis faire un tour, après avoir pris notre repas du soir. D’habitude, nous ne rentrons pas trop tard ; c’est la condition. Aujourd’hui, nous avons décidé de faire une entorse à cette sagesse… une exception, pour confirmer la règle. La discussion, entre nous, a été animée, car nous avons conscience que la punition risque d’être lourde de conséquences. Nous avons finit par nous mettre d’accord, sous la condition de prévenir les parents. Cela dit, il nous fallait trouver le moyen de « forcer » un peu leur consentement. C’est pourquoi, le choix d’un billet les informant de notre volonté est, à nos yeux, la solution idéale. Une fois sur place, une seconde discussion s’est engagée, reposant sur les termes à employer. Que dire et, surtout, comment dire ? De la discussion, jaillie toujours… la lumière. Savamment réfléchi, il en ressort :

Ne vous inquiétez pas, nous avons décidé de passer la nuit à la belle étoile.
Nous nous sommes installés près du Blockhaus.
On ne risque rien. On rentre demain matin.

   Ainsi, pensons nous, nous rassurons, nous précisons le moment de notre retour, et indiquons même l’emplacement que nous avons choisi, pour cette sortie nocturne. De sorte, en ne cachant rien, nous mettons toutes les chances de notre côté, pour éviter : sermon et punition.

   Ne restait qu’à régler un dernier détail : qui se fera le messager ? Là encore, grande discussion. Il faut toujours que nous discutons, lorsqu’une décision est à prendre, même en matière de jeu… Surtout, en matière de jeu. Au final, c’est mon second frère, qui s’y colle. Malins que nous sommes, il a été décidé que ce billet ne pouvait être remis en main propre, mais plutôt glissé, sous la porte. Il est plus sage, en effet, d’éviter le contact ; cela compromettrait, à coup sûr, notre opération « Belle étoile ».

   Je suis donc là, maintenant, à attendre son retour ; j’ai mon frère aîné, pour me tenir compagnie. A nous la belle nuit, avec le ciel pour couverture.

   - « Ca fait déjà un moment qu’il est parti ; il ne devrait plus tarder ».

   Plongé dans mes pensées, je suis peu bavard car, malgré tout, une certaine crainte m’habite. Je reste quelque peu inquiet, quant à l’accueil à la maison, après une telle aventure.

   Cette idée de passer la nuit dehors, nous est un peu venue, en songeant à notre grand copain qui, lui, est parti en camp scout. A lui la belle vie, l’aventure partagée avec une bande de copains, sans les parents, à faire des veillées autour d’un feu de camps. Ah ! Pour sûr, ça nous travaille. Peut-être moins mes frère, encore que… En pensant à tout ça, je m’imagine ce que peut être le monde du scoutisme ; monde qui vit au rythme des bonnes actions… quotidiennes. Voilà bien quelque chose d’originale, cette bonne action, cette « B.A. », comme ils disent.

   Ca doit être bien, de passer son temps à aider les gens. Personnellement, je n’ai rien contre, et je suis sûr que j’ai assez d’imagination, pour mener à bien ce genre de sacerdoce. C’est vrai, après tout, dès l’instant où on porte un uniforme, tout doit être beaucoup plus facile. Prendre une vieille dame par la main, et l’aider à lui faire traverser la rue, pour quelqu’un en habit de scout, quoi de plus naturel, de plus normal. Personne ne trouve rien à redire à ce genre d’action. Au contraire, les petites dames, ne peuvent qu’afficher leur plus beau sourire. Les gens sont si contents, quand un enfant leur tend la main, quand il donne de son temps, quand il est serviable. C’est certainement très apprécié, au point, même, qu’à la simple vu d’un tel « Chevalier », les cabas se tendent et tombent, tout naturellement, dans les bras ; sans qu’il est besoin de proposer quoi que ce soit. Tout le monde connaît les scouts ; quand on en voit, on ne peut que les accueillir avec le sourire. Ah ! Le sourire… maître mot de la réussite… Demains matin, je rentrerais dans la maison, avec mon plus beau sourire.

   Tout ça me plonge dans de profondes rêveries…

   Ca ma fendu le cœur de le voir partir, ce grand copain. Surtout, en sachant que cette année, son camps allait se passer en Norvège. Naturellement, on était là, pour lui dire au revoir et lui souhaiter bon voyage. Lui, en uniforme, avec son sac à dos et son vélo, prêt à partir, et moi, les mains dans les poches, au bord des larmes. Je me suis senti meurtri, d’être privé de telles aventures, et me suis promis que, plus tard, quand je serais grand, je rattraperai ce que l’instant présent, me fait manquer (1).

   Puisqu’il doit en être ainsi, faisons donc sans lui. Tant pis ! A cœur vaillant, rien d’impossible. A défaut de goûter à la loi scout, je me ferais à celle Huckleberry Finn, l’ami de Tom Sawyer. Je sèche mes larmes et me dis : à moi les grands espaces, la vie en plein air, la vie rude est sauvage.

   Voilà qui explique bien des choses, sur nos agissements. Quoi de plus logique, que de décider, que nous aussi, sommes en droit de vivre l’expérience d’une nuit en pleine nature.

   Et, pendant que je suis là, à parler avec moi-même, ignorant tout de ce qui peut bien se passer à la maison, ma mère, elle, s’inquiète de ne pas nous voir rentrer. Alors que je me suis enfermé dans mon monde, je suis loin de m’imaginer qu’elle est en train de se confier à Marraine Suzanne, qui lui tient compagnie. Tout comme je suis absolument étranger au fait que mon père, lui également, n’est pas encore rentré ; retenu par son travail.

   - « Les enfants sont déjà au lit ? ».
   - « Tu sais, y sont toujours pas rentrés ».

   Tout comme, dans le déroulement du fil du temps, mon frère, sur le retour de sa mission, ne sait pas que notre mère, marche, déjà, dans ses pas. En le voyant arriver, quelle n’est pas, alors, notre surprise, de la voir débarquer... elle aussi.

   - « M’man ?! Qu’est-ce que tu fais là ? ».
   - « Qu’est-ce que je fais là ? Vous osez me demander ça ? Vous vous imaginez sans doute, que je vais vous laisser passer la nuit dehors ? ».
   - « Mais, m’man, on risque rien ! ».
   - « On a tout prévu, on a même pris des couvertures, pour ne pas avoir froid ».
   - « Regarde ! ».
   - « Je vois ça. Allez ! Repliez moi vos affaires ; il commence à se faire tard, il est plus que temps de rentrer ».
   - « Comment t’as fait, pour venir aussi vite ? ».
   - « J’ai tout de suite vu le petit mot, qui a été glissé sous la porte. J’étais dans le séjour, avec Marraine Suzanne ».
   - « Et t’es pas d’accord, pour qu’on dorme ici, cette nuit. On rentre demain matin ; promis ».
   - « Dépêchez vous de plier, avant que je m’fâche ».
   - « Mais ! Je voulais voir la belle étoile ».
   - « Tu la verra une autre fois ».

   Voilà ce qui s’appelle : une fin de non recevoir. Cette aventure n’aura pas durée bien longtemps ; tout juste le temps de voir le ciel s’assombrir. Et nous voilà, marchant comme trois petits canards, à la différence que nous faisons moins le fier, parce que, maman canne n’est pas devant, mais bien derrière, à presser le pas.

   Sur le chemin qui nous ramène à la maison, je pense à la belle étoile. Etoile qu’il m’est impossible, du coup, de vous décrire.


(dessin de l'auteur)


__________
1 – Concernant l’avenir du petit Rouletabille, on peut dire :
   - petit a ) : qu’il a tenu ses promesses, ou
   - petit b ) : qu’il a été exaucé, au-delà de toutes espérances.
Pour s’en faire une idée, il suffit de lire ce qu’il raconte dans : Souvenirs de mon service militaires ( ICI ), lien que vous trouvez également, en marge de ce blog.


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