Votre attention, s'il vous plait :

Bonjour à toutes et à tous,
Depuis hier (27 mai 2016), un petit plaisantin s'amuse à m'adresser des messages qui n'ont ni queue, ni tête.
Peut-être pense t-il que je vais m'amuser à lui répondre ?
Peut-être est-ce là une tentative "d'amorçage" ? de "piratage" ?
Qu'importe, de toute façon, je n'ai pas envie de jouer avec ce zigoto et, pour couper court à son petit jeu, je préfère supprimer le "formulaire de contact".
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C'est dingue ! Il faut toujours qu'il y ait des jaloux...

Merci pour votre compréhension.


dimanche 7 août 2016

Les grandes vacances.


   - « Tu aimes te faire tirer l’oreille ! »

   En voilà bien, une remarque ? Songe le petit Rouletabille. Que peut-il bien répondre à ce genre de question, lancée par sa mère ? Si réponse il doit y avoir car, à bien y réfléchir, pense t-il aussitôt, nier par un « C’est pas vrai », ne peut qu’amener un sermon en bonne et due forme ; qui commencera, à n’en pas douter, par un cinglant « On ne répond pas ! ». Surtout que le ton, ne semble pas être à la plaisanterie. Essayer d’esquiver par une question, du genre « Qu’est-ce qui te fait dire ça ? », n’est pas plus opportun, car, de toute évidence, il en recevra plus qu’il n’en demande. Non ! Ca n’a pas été prononcé à la légère… pour de rien. Elle a déjà la suite en tête, et n’attend qu’un mot pour y aller de sa petite leçon de morale. C’est sûr ! Que faire ?

   Sa mère l’observe, et lui, il reste là, muet. Il ne bouge pas, ne répond pas ; parce qu’il sait, que ce serait là, la pire des choses à faire. Il pense. Il s’inquiète bien plus, du pourquoi de cette question, plutôt que de chercher à exprimer, de vive voix, son interrogation.

   Bien sage, il n’est pas en train de chercher à gagner du temps, il est, tout simplement, plongé dans ses pensées.

   - « Eh bien ? Aurais tu perdu ta langue ? »

   Si la première question l’a plongé dans un semblant de torpeur, la seconde l’en tire avec élan. Il convient, maintenant, de se réveiller, et de répondre.

   - « J’ai pas perdu ma langue. J’étais en train de me demander ce que j’ai bien pu faire de mal ? ».

   - « Crois tu que cela fasse plaisir à tes amis, de les laisser, comme ça, sans nouvelles ? Penses tu qu’ils apprécient, que tu les délaisses, pour ne penser qu’à courir la plaine, et à jouer, sans jamais te soucier d’eux ? Ne pourrais tu pas t’enquérir un peu de leurs nouvelles ? Savoir ce qu’ils deviennent, comment ils vont ? Ne te dis tu pas, qu’ils aimeraient, eux, recevoir de tes nouvelles ? Ca serait quand même gentil de ta part, de te manifester auprès d’eux, et passer un petit moment en leur compagnie ? »

   Dans sa petite tête, ça fait tilt ! Voilà ce dont cachait ce reproche. Sa première réaction est d’argumenter sur le fait que la réciproque existe, que personne ne se soucie le moins du monde, de sa petite existence, qu’il pourrait, lui aussi, recevoir un peu de visite, et que cela lui ferait même, grandement plaisir. Mais, cet argument, il ne le sait que trop bien, ne peut tenir, une seule seconde, car… ce n’est pas chrétien. Contre mauvaise fortune, bon cœur, il acquiesce et reconnaît sa faute.

   - « Tu as raison m’man ; j’irais saluer mes amis, dès cette semaine ».

   - « Voilà qui est bien ; ça leur fera certainement, très plaisir ; tu peux en être sûr ».

   Ce n’était pas bien méchant, enchérit-il dans sa tête. Il suffisait de faire profil bas. Et puis, c’est vrai, après tout, qu’aller vers les autres, est un geste charitable. Non seulement ça ne peut que les réjouir mais, de plus, ça me fera, à  moi aussi, bien plaisir. Reste à trouver un moment ; ce qui n’est pas si simple, quand on a la tête qui grouille d’envies, de faire une multitude de choses.

   Au moins, l’idée est là, et la décision, prise. Le cœur plein de courage, il finit par se décider à délaisser, petits soldats, épées et pistolets, pour se tourner vers les autres.

   Ainsi donc, le plus naturellement du monde, nous pouvons le voir, un jour ici, avec ses cousines, un jour là, avec ses cousins, ou d’autres fois encore, en pleine discussion, avec tel ou tel de ses amis. Le temps ne se passe plus en promenades et jeux solitaires, mais toujours entouré, de quelques compagnons. Et le temps s’écoule, dès lors, en discussions acharnées, à raconter force histoires, toutes aussi rocambolesques les unes que les autres, plutôt que mené à croiser le fer, avec des épées en bois, ou en de grandes batailles, avec des armes de même acabit.

   En ces temps de labeurs où « 36 », avec ses congés payés, n’a toujours pas vraiment de prise pour le fermier, le petit artisan et autres « petits métiers » tels que les tenanciers de bistrots, par exemple, les adultes ne battent pas la campagne, pour le seul plaisir de contempler mère nature. Cela dit, il arrive que des familles profitent d’une belle journée ensoleillée, pour faire prendre l’air à leurs petits. La vue fait alors penser à maman canard, suivi de ses canetons qui, une fois qu’elle a trouvé un joli coin de pâture, installe sa troupe sur une couverture, pour un pique-nique, dès plus champêtre. Encore que dans ce tableau pittoresque, les hommes sont souvent absents. Hormis ces quelques cas « d’évasions familiales », il n’y a rien d’étonnant, à ce que des gamins, seuls ou en bandes, se retrouvent en des coins, parfois forts reculés et vides de toutes habitations et, par voie de conséquence, d’adultes. Ce domaine de jeux, n’ayant pour seule limite, que la force physique, aidé en cela, par de bonnes jambes.

   Là, confortablement installés, tantôt prenant le soleil dans une clairière isolée, tantôt profitant des ombrages d’une forêt, ils partagent leurs histoires et fabriquent leur monde. Rien n’échappe, rien n’est tabou, puisque tout repose sur le socle innocent, du jeune âge. Purs moments de merveilles et de découvertes, on parle un peu de tout, et beaucoup de rien. Si les adultes sont une source intarissable de sujets de discussions, les copains, du même âge et parfois plus petits, ne sont pas épargnés. La vie qu’on mènera plus tard, quand on sera grand, est également un grand sujet, plein de promesses. Mais, ces discussions « sérieuses », finissent toujours, par céder la place à cette notion de bien et de mal, qui, du coup, fait revenir sur des sujets bien plus intéressant encore, qui mettent en avant : Zorro, Thierry le fronde ou Bonanza.

   C’est dans cette atmosphère naïve, que le petit Rouletabille vous invite à partager un moment, en sa compagnie. Juillet étant passé, août fait automatiquement penser à la rentrée qui se profile déjà à l’horizon. Alors, quoi de plus naturel que de parler de juin et de cette fin d’année scolaire, pour oublier cette menace, qui assombrit déjà l’horizon. 

   Petit Rouletabille est maintenant en classe de fin d’études ; il compte désormais, parmi les plus anciens de l’école. Il est temps de le retrouver, en compagnie de quelques uns de ses bons copains.

   - « C’est quand même chouette, le moi de juin. Il fait beau, les grandes vacances approchent, l’atmosphère, à l’école, est plus détendue. Tout ça, c’est que du bonheur. On sent l’arrivée des vacances, dès qu’on commence à travailler le spectacle de fin d’année. Bon ! C’est vrai, qu’en lui-même, ce spectacle n’est pas toujours à notre avantage. Ainsi, par exemple, je n’ai pas beaucoup aimé, la fois où on devait chanter la chanson : l’incendie de Rio(1), de Sacha Distel ».

   - « Pourquoi ça ? C’était pourtant marrant ».

   - « Parce que je n’ai pas aimé, me mettre en pyjama, dans la coulisse de la salle des fêtes et puis, pour, ensuite, devoir chanter sur scène dans cette tenue  ».

   - « C’est pourtant ce qui a fait tout le charme du spectacle ».

   - « Pour ceux qui y ont assisté, pas pour moi. Non ! Par contre, ce que j’ai bien aimé, c’est quand on a chanté, et mimé, cette autre chanson de ce même chanteur : Monsieur cannibale(1) ».

   - « Surtout que c’est ton père qui avait fabriqué les fourches ! ».

   - « Ah ça ! On peut dire qu’il les avait bien faite ; de véritables fourches de cannibales ».

   - « Qu’est-ce que t’as eu, comme livre de prix, cette année ? ».

   - « J’ai eu : Le cirque est mon royaume. Ca raconte l’histoire du cirque Bouglione. Je ne l’ai pas encore lu. L’année dernière, j’ai reçu : Le cavalier inconnu. J’ai eu un peu de mal à le commencer mais, tout compte fait, une fois dans l’histoire, j’ai bien aimé ».

Mon livre de prix 1968
Le cirque est mon royaume



Mon livre de prix 1967

Le cavalier inconnu



   - « Ce qui est bien, c’est les derniers jours d’école ».

   - « C’est les meilleurs jours, tu veux dire. Sauf, peut-être, quand y faut passer la cire sur les pupitres. Ca j’aime pas trop, parce que, quand le chiffon est trop imbibé, on s’en met plein les mains, et ça colle. Par contre, ça sent très bon ».

   - « Le top, c’est quand même le dernier jour ! Non ? ».

   - « Ca tu peux l’dire ! On n’a rien à faire, qu’à jouer. Chacun apporte ce qu’il veut et on passe notre temps à jouer avec les jouets des autres ; dans la cour de récré, ou dans la salle de classe, comme on veut. Monsieur V- passe sa journée à nous surveiller ; pour lui aussi, ça sent les vacances. L’année dernière, y’en a un qui avait apporté une magnifique grue de chantier, elle était tellement belle, que j’ai eu envie de la lui prendre ; bien sûr, je lui ai rendu… Quand même, je m’étais drôlement bien amusé avec ».

   - « Et maintenant, on est en vacances ! ».

   - « Ouais ! C’est super, les vacances. On fait quasiment, tout ce qu’on veut. Pas de devoirs ; pas de leçons. Rien d’autre à faire, que de s’amuser ».

   - « Dis moi ? Le temps passe vite, quand on discute ; faudrait peut-être envisager de rentrer, sans quoi on risque de se faire tirer l’oreille ? »

   - « Pour l’oreille, c’est déjà fait ; vaudrait mieux éviter d’y revenir ! ».

   Chemin faisant, nos joyeux compères entonnent la plus belle chanson jamais composée, pour des enfants.

- l’école est finie -
Sheila (1963)



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1 – La chanson de L’incendie de Rio et Monsieur cannibale, sont sorties en 1966.
 

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