Votre attention, s'il vous plait :

Bonjour à toutes et à tous,
Depuis hier (27 mai 2016), un petit plaisantin s'amuse à m'adresser des messages qui n'ont ni queue, ni tête.
Peut-être pense t-il que je vais m'amuser à lui répondre ?
Peut-être est-ce là une tentative "d'amorçage" ? de "piratage" ?
Qu'importe, de toute façon, je n'ai pas envie de jouer avec ce zigoto et, pour couper court à son petit jeu, je préfère supprimer le "formulaire de contact".
A l'avenir, si un visiteur souhaite me contacter, merci de passer par la page Facebook de Souvenirs de Bachy (ICI)

C'est dingue ! Il faut toujours qu'il y ait des jaloux...

Merci pour votre compréhension.


mardi 27 septembre 2016

La pêche.


   Il arrive, de temps en temps, c’est rare, de consacrer une journée à la pêche. En général, ce genre de distraction est réservée aux adultes car, il faut bien l’avouer, la pêche est affaire de patience, de calme et… d’expérience ; des qualités qui ne collent pas trop avec le tempérament des enfants. C’est dire le côté exceptionnel, que d’aller à la pêche en famille. Le peu de fois que mon père consacre une journée à la pêche, il préfère y aller seul. Enfin, quand je dis « seul », je veux dire par là, qu’il préfère la compagnie de son compagnon de pêche, Maurice Aimé, le marchand de légumes, ou le cas échéant, avec mon oncle, Parrain Robert, grand mordu de ce « sport ». Les enfants ne disposent pas de toutes les qualités requises. Je comprends fort bien que, pour l’occasion, nous ne soyons pas ce qui se fait de mieux, en matière de compagnie. De toute façon, je ne cours pas vraiment après ce genre d'occupation, si ce n’est pour les à-côtés, genre découverte de nouveaux horizons. Mais voilà, la pêche, ce n’est pas ça ; une fois qu’on a trouvé son coin, on s’installe et… on ne bouge plus. Pire, on passe son temps à surveiller un bouchon qui flotte, enfin, plus exactement : un flotteur.

   Ce passe-temps peut être amusant, tout au moins au début, mais, à ce petit jeu, je me lasse très vite car, à chaque fois que je lève ma canne, pour voir si, à tout hasard, il n’y a pas un poisson accroché à mon hameçon, eh bien, vous le croirez ou pas, mais, à chaque fois, ça se termine toujours mal, car mon hameçon a la fâcheuse habitude de s’accrocher quelque part. Bref ! Je n’ai aucune disposition pour la capture d'animaux aquatiques… pour leur plus grand bien.

   Non ! Les seuls plaisirs que j’ai de ces journées, sont ceux liés à la vie au grand air et… au bord de l’eau. Mes moments de pêches se terminent systématiquement en promenades. J’observe la faune et la flore, ainsi que les pêcheurs… les vrais.

   Lorsqu’une telle « aventure » s’inscrit à notre programme, je reste enthousiaste ; au plus grand plaisir de mon père, qui voit là, sans doute, une bonne occasion pour partager un moment avec ses garçons.

   Les ingrédients sont donc réunis, pour faire de la pêche, une occasion d’escapade familiale.  Le prix à payer : un levé aux aurores. Cela se justifie par l’importance d’être en action, dès le levé du soleil.

   Après m’être habillé… à toute vitesse, les yeux encore mi-clos, je cours me blottir dans le coffre de la Juvaquatre, bien emmitouflé sous une couverture. Sans attendre quoi que ce soit, je m’empresse de plonger, à nouveau, dans les bras de Morphée. Me faire ballotter, pendant que mon père conduit, ne me contrarie pas le moins du monde. Aujourd’hui, nous avons droit à un coin très prisé des « taquineurs de poissons » : Arleux. Ce paradis des pêcheurs, ne se situe qu’à une quarantaine de kilomètre de Bachy.

   Nous voici donc en route, pour une journée que nous allons passer, en famille, loin de notre village ; dans un coin où l’eau règne en maître.

   A l’aller… je dors comme un bon. Ma journée ne commence réellement, qu’au moment où je suis tiré de mon second sommeil. Mon père tient à ce que nous profitions de la meilleure heure, c’est-à-dire assis, près de sa ligne, au moment où le soleil se lève. Dans sa grande sagesse, il consent à nous aider à préparer notre canne. Après, nous n’avons qu’à nous trouver un petit coin, nous assoire et… attendre.

   Le sol est mouillé, l’humidité pénètre et il fait encore frisquet. J’ai un vieux manteau pour me tenir chaud, mais j’ai un peu froid aux jambes, parce que, bien évidemment, je suis toujours en courtes-culottes. Le début de journée est donc un peu difficile mais je sais que tout à l’heure, le soleil va se lever et l’atmosphère va vite se réchauffer. En attendant mon regard se porte sur mon bouchon, qui se laisse ballotter, sans signaler la moindre manifestation d’intérêt, d’un quelconque animal sous-marin. De toute façon, je n’ai pas grand-chose à faire, si ce n’est, de temps en temps, lancer dans l’eau, de petites pincées d’appât.

   Autour de moi, il n’y a encore pas grand-chose à voir. Il fait encore sombre et un voile de brume court au-dessus de l’eau et enveloppe même la berge. Je regarde et j’écoute. J’entends, par-ci, par-là, quelques grenouilles, ou carpeaux, qui coassent allégrement. De temps en temps j’entends un poisson, qui vient frétiller à la surface. Le temps passe. Je perçois, plus que je ne vois, des pêcheurs s’afférer avec leurs lignes, les retirant de l’eau ou les y plongeant.

   Comme tout vient toujours à point, à qui sait attendre… le soleil finit par se lever ; il n’a jamais manqué un rendez-vous. C’est ma foi vrai… c’est beau. Avec l’apparition du jour, le paysage se dévoile, l’horizon s’élargi. En faisant connaissance avec mon environnement, je peux me rendre compte si la place que je me suis choisi, est une bonne place, ou non. Comme à chaque fois, je trouve la place des autres, bien meilleure que la mienne. Et comme à chaque fois, je fini par me dire que celle que j’ai n’est pas si mal que ça. Après ces premières considérations, je déporte mon attention sur la flore, caractéristique des régions humides, avec ses fougères et, surtout, ses nénuphars. Cette plante, avec ses grandes feuilles plates, qui flottent à la surface de l’eau, sont une aubaine pour les grenouilles et crapeaux, qui ne se privent nullement, pour s’y reposer.

   Avec l’arrivée du soleil, l’air se réchauffe vite et ça devient bien plus plaisant car, dans la douceur de l’air, bien des animaux se font alors entendre ; une véritable symphonie. Bien que ne sachant pas reconnaître la plupart des oiseaux, cela ne m’empêche pas d’en apprécier leurs mélodies. Certaines espèces ne sont pas bien difficiles à identifier ; entre autres, il y a le martèlement caractéristique du Pivert, quand il perce l’écorce d’un arbre. Ce genre de bruit de la forêt et courant car il s’entend de très loin. Enfin, quand la chaleur est là, les chants d’oiseaux prennent en intensité et rien n’est plus beau que d’entendre la nature se mettre à chanter.

   Voilà bien des plaisirs qui envoient ad patres, le moindre regret de n’avoir jamais attraper un seul poisson. Cela ne m’empêche pas, bien sûr, de jouer avec ma canne, afin de tenter d’attraper un « étourdi », mais c’est toujours en vain. J’ai beau jouer au pêcheur averti, les poissons semblent m’avoir pris en grippe. Et, comme si c’était une tradition, ce petit jeu se termine toujours par un « accrochage », en bon et due forme, de mon hameçon. J’ai beau faire attention, c’est systématique. Il m’est même arrivé d’emmêler ma ligne dans… les branches d’un arbre.

   Le moment de me dégourdir un peu les jambes arrive, quand de l'aide s'avère nécessaire. Bien sûr, c’est ma mère qui est sollicitée pour apporter secours et assistance car il n’est pas question de déranger mon père. La consigne est stricte : si on veut s’approcher de lui, c’est à pas de loup. Si le besoin de lui parler est à ce point important, c’est à voix basses et gare à celui qui enfreint cette règle. Ne pas la respecter, c'est faire fuir le poisson et, du coup et comme punition, cela peut entrainer la privation d’une promenade en barque, prévue dans l’après-midi. C’est donc à ma mère que revient le rôle de décrocheur d’hameçons. Mission qui a l’avantage de bien occuper sa matinée. Je suis bien souvent le « premier de ces messieurs », à inaugurer le défilé en me présentant à elle, tout penaud, pour lui annoncer le début des festivités. Parfois, l’affaire est à ce point compliquée, qu’elle met à l’épreuve, sa patience et sa ténacité. Face à mon air navré, elle se garde bien de me persécuter, bien au contraire, elle ne cesse de m’encourager. Elle qui ne pêche pourtant pas, en arrive à me prodiguer des conseils, reléguant ainsi, au second plan, le rôle du paternel. 

   Ainsi passe la matinée, amenant inexorablement à un autre moment savoureux… l’heure du pique-nique. Toutes les cannes sont alors livrées à elle-même, lorsque nous nous retrouvons sur une vieille couverture, posée à même le sol, pour dévorer une délicieuse salade de pois-d’suc [haricots verts] ou de pommes de terre, que seule notre mère sait préparer. On englouti le contenu de notre assiette, comme des charbonniers qui auraient passés six mois sous terre. Pour accompagner ce frugal festin, mon père sort de l’eau, deux bonnes bouteilles, tenues au frais, accrochées à une ficelle pour éviter qu’elle ne partent au fin fond de l’étang. L’une de limonade, pour mes frères et moi, l’autre de vin, pour lui… et un peu pour notre mère.

   C’est ainsi que passe, le deuxième grand moment d’une telle journée. Et comme on dit toujours : jamais deux, sans trois, le troisième... « instant magique » arrive, quand on se retrouve tous, dans une grande barque, à voguer sur l’immensité du plan d’eau. Mon père aux rames, notre mère à l’arrière et nous à l’avant. Penché au-dessus de la proue, j’en prends plein les yeux. L’eau est si transparente qu’on aperçoit très bien les herbes et, parfois même, des tas de poissons qui se faufilent. Ca me donne l’impression de voler au-dessus d'un monde inconnu.

   Comment ne pas aimer la pêche ? Vous me direz, rentrer perpétuellement bredouille, n’est pas ce qui ce fait de mieux en matière de réputation mais, quand même, cette incompétence notoire n’altèrent en rien ces journées... qui comptent parmi les plus belles qui soient.


(dessin de l'auteur)


 

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